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PAPROLOGEN ORIENTA\LIS
TOMUS QUARTUS
LD RUBENS DUVAL, LES-«&- HOMITIAË CGATHEDRALES ». DE SÉVÈRE D AN- viocue (//omélies: LIL à LVII, I — CAWESSEL}Y: LESMPLUS "ANCIENS - MONÜMENTS DU CHRISTIANISME ÉCRITS SUR PAPYRUS, | HI — Me ADDAISCHER er J. PERIER, ITISTOIRE . NESTORIENNE . (CHRONIQUE DE SÉERT) ({'* partie, fase, 1). Vs Me ADDAI SCHER,.
Li CAUSE DE LA FONDATionN DES Ecorers (écrit de Mar Barhiadbsabba ‘Arbaia, évèque de Hal- wan).
VW, —R: NAU er J. BOUSQUET. PisroiRe DE S. PACOME ET DE S. JEAN-BAPTISTE. MinacLE De S. MicHez À COLOSSEs. VE — E -J. GOODSPEED £gr W. E. CRUM. ne Lire OF SEVERUS PATRIARCH OF ANTIOCH, BY ATHANASIUS (OF ANTIOCH)
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LIBRAIRIE DE PARIS HIRMIN-DIDOT ETC", IMPRINMEURS-ÉDITEURS 56,,RUE JACOB, PARIS 1908
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Fasc. 3. — Le Synaxaire arabe jacobite. — II. Les mois de Hatour et de Kihak, par René Basser. Prix : 18 fr. 05; franco, 19 fr. (pour les souscrip- teurs : 11 fr. 40 ; franco, 12 fr. 35).
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VONT PARAITRE :
Tone I]. — Fasc. 4. — Sergis d’Aberga, texte éthiopien inédit, traduction fran- çaise par S. Gnévaur.
(Voir la suile à la page 3 de la couverture.)
PATROLOGIA ORIENTALIS
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TOMUS QUARTUS
R. GRAFFIN — F. NAU
PATROLOGIX ORIENTALES
TOMUS QUARTUS
1. — RUBENS DUVAL. Les « HOMILIAE CATHEDRALES » DE SÉVÈRE D'AN- riOCHE (/omélies LI1 à LVI1), IR — C. WESSELY. LEs. PLUS ANCIENS MONUMENTS DU CHRISTIANISME ÉCRITS SUR PAPYRUS, Il. — Me ADDAÏ SCHER er J. PÉRIER. HISTOIRE NESTORIENNE (CHRONIQUE DE SÉER1) EP parme, fase. 1). IV. — Ms ADDAÏ SCHER. , LA CAUSE DE LA FONDATION DES ÉCOLES (écrit de Mar [ladbsabba ‘Arbaia, évêque de Halwan). D — (4. MAU cr JL BOUSQUET. HiSTOIRE DE S. PACOME ET DE S. JEAN-BAPTISTE. MIRACLE DE S. MicHEL A COLOSSES. NE — E.-j. GOODSPEED Er W. E. CRUM.
THE LiFE OF SEVERUS PATRIARCH OF ANTIOCH, BY :
ATHANASIUS (OF ANTIOCH).
LIBRAIRIE DE PARIS FIRMIN-DIDOT ET Cr, IMPRIMEURS-ÉDITEURS
56, RUE JACOB, PARIS 1908
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gT. MICHAEL'E COLLEGE
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LES HOMILIAE CATHEDRALES
SÉVÈRE D'ANTIOCHE
TRADUCTION SYRIAQUE DE JACQUES D'ÉDESSE
(HOMÉLIES LII-LVII)
HAMDRROR- —=SrnII\.
LES HOMILIAE CATHEDRALES
SÉVÈRE D'ANTIOCHE
TRADUCTION SYRIAQUE DE JACQUES D'ÉDESSE PUBLIÉE ET TRADUITE
R. DUVAL
Professeur au Collège de France
HOMÉLIES LIT-LVIT
PERMIS D’IMPRIMER
Paris, le 20 juillet 1906.
G. LEFEBVRE,
IC. gen.
Tous droits réservés.
AVERTISSEMENT
Les /omiliae cathedrales que Sévère composa pendant qu'il était patriarche d'Antioche (512-518), ne se sont pas conservées en grec, mais elles nous sont parvenues dans deux traductions syriaques. La plus ancienne de ces traductions est due probablement à Paul, évêque de Callinice, qui vivait dans la première moitié du vif siècle; la seconde a pour auteur le célèbre évêque d'Édesse, Jacques, qui l'acheva en 701. Ces traductions témoignent de l'autorité dont jouissaient chez les Sy- riens jacobites les //omiliae cathedrales, qui sortent complètement du wenre de l’homélie syriaque et rappellent d'une manière frappante l’élo- quence sacrée des Pères grecs.
Le présent fascicule de la Patrologia ortentalis renferme six de ces homélies (homélies ti-rvir d'après la traduction de Jacques d'Édesse conservée dans le manuserit 141 du Vatican et le manuserit 12159 du British Museum. L'homéle Lu, qui traite des Macchabées, a déjà été éditée d'après le manuscrit du British Museum par MM. Bensly et Barnes dans Ze fourth Book of Maccabees, Cambridge, 189%; les six autres sont inédites. Le manuscrit de Londres, daté de 868, est très exact: 1l est déerit dans le catalogue des manuserits syriaques du British Museum par Wright, p. 534 ct suiv. Le manuscrit du Vatican, plus ancien, est également excellent et ne présente pas, dans ses parties lisibles, de variantes notables; malheureusement, il était du nombre des manus- erits qui, par un déplorable accident, furent précipités au fond du Nil pendant leur transport du couvent de Seété au Vatican; la majeure
partie des pages est effacée et illisible.
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Jacques d'Édesse a divisé d’une manière m
de sa traduction au moyen des points d’interponcti travaux sur la massore et la grammaire syriaque to attachait à ces matières. Mais les deux manuscrits consultés, ne sont pas toujours d'accord en pareil cas; nous ne sommes pas sûr d'avoir reproduit ces points avec titude désirable.
Nous remercions particulièrement M. Brooks d’avoir | collationner sur le manuscrit les mots peu lisibles sur les re que MF' Graflin nous avait remises.
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1. Vatican n° 141 (= V) les. — 2. British Museum Add. 12159 (= L) las.
HOMÉLIE LII
SUR LES MACCHABÉES !.
Le panégyrique des jeunes Macchabées fournira, semble-t-il, à eause de la splendeur de leurs combats, d'abondantes matières de dissertations à ceux qui en traiteront. Mais, comme il surpasse toute imagination de l'esprit, 1 montrera la faiblesse et la pauvreté de ceux qui feront l'éloge, ct combien, avec de grands moyens, ils demeureront au-dessous de la vérité.
Un peintre qui verrait un objet étrange ct en dehors des conditions ordi- naires, possédant par sa nature une beauté infinie, et qui chercherait à rendre
1. Comp. The fourth Book of Maccabees and Kindred Documents, BENSLY et Banxes, Cambridge, 18%; texte, p. ;; traduction, p. XXvII.
+ fol. 41
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cet objet par des couleurs, peindrait sans doute une image parfaitement belle et convenable qui ressemblerait au modèle si splendide et séduisant, mas qui serait inférieure à son sujet paree que l'art ne peut reproduire exactement la beauté naturelle.
Nous aussi, lorsque par les artifices de la parole, pour ainsi dire, nous
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voudrons peindre la beauté (eroérax) * spirituelle et l'ardeur juvénile et cou- rageuse pour la religion (:56£6e:x) des sept jeunes gens, nous dirons assuré- ment de belles choses, de très belles choses, mais c'est le propre du sujet que ces choses soient fort éloignées de la grandeur des exploits, qu elles s’écartent aussi et soient au-dessous de la nature même.
Nous apprenons seulement que les sept jeunes gens, au sortir de l'en- fance, s'avançant par la porte de la jeunesse, étaient comme les degrés d'une échelle, à peu de différence d'âge les uns des autres. Mais ces jeunes gens soulfrirent tous la même mort pour la religion en subissant des supplices de différentes espèces. Avant eux, ce fut Éléazar, un vieillard et un prêtre, qui enseignail les souffrances pour la vertu plutôt que la Loi'. Après eux, ce fut leur mère, d'un àge avancé, qui elle aussi, parce qu'elle supportait héroïque- ment les supplices de ses enfants, résista à ses sentiments de mère.
1. Comp. IE Macc., chap. IV, 18 el suiv.
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[9] HOMÉLIE LIT. 9
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Qui, en lapprenant, ne serail pas frappé d'admiration? Quelle âme ne serait pas stupéfaite ? Quelle accumulation d'expressions appropriées à ces exploits pourrait les élever à leur hauteur? Certes par des éloges procédant de l’ima- gination et de cet art qui promet un style solennel, 1ls restent à terre. Ils volent vers le ciel; ils s'élèvent par leurs propres ailes et non pas par des ailes artificielles et étrangères. Vers Dieu, qui a institué le combat pour la religion, ils s'écrient avec le prophète : € Auprès de toi est notre louange dans la grande Église". »
En mentionnant l'Église, j'ai tiré de l’athlétisme de ces vaillants con- fesseurs un sens plus divin et mystérieux. Il me semble que ce sont des modèles : le vieillard Éléazar est le type de la Loi qui a vieilli dans l’Écri- ture; les jeunes gens qui ont reçu les instructions du vieillard et de leur mère sont l’image de l'Église qui a rassemblé les peuples: qui autrefois étay sans enfants, mais eut ensuite une nombreuse postérité; qui, elle aussi, s'ins- truisit d'abord et apprit de la Loi ces enseignements élémentaires qui sont pour ainsi dire le premier alphabet de la religion: elle, au sujet de laquelle la prophétesse Anne dit : « La stérile a enfanté sept* », lorsque cette Église qui autrefois avait beaucoup de fils fut affaiblie.
1. Ps. xxI, 26. — 2, 1 Sam., 11, 5; dans les Seplante : üte oreipx EÉtexsv ÉRTA.
* fol. 99
+ fol. 99
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1. V. %59 Kso.
‘ Mais comment a-t-on représenté à vos veux ce stade de la vertu, quena pas assombri même ce temps qui s'efforce de détruire les anciens prin- cipes ? Si ce n'est que, chanté par tous, 1l fait résonner aux oreilles des nou- veautés qu'on n'aurait pas encore goùtées. Les mets exquis du repas, l'An- cien Testament les offre dans le cvele des années, et le Nouveau {es donne avec amour sans qu'on s en rassasie.
En tête, Antiochus le tyran, le cruel par excellence, était assis sur un lieu élevé. C'est le propre en effet de la vanité et de la pauvreté d'esprit de faire croire à ceux qui en souffrent qu'il est dur pour eux de se tenir sur la terre elle-méme avec les autres hommes. Ils ont à cœur de s'élever en l'air, de monter et de marcher sur la pointe de leurs pieds’, de lever le front et de s’exhausser le plus possible, semblables aux cèdres du Liban dont parle le Livre divin* en flétrissant leur stérilité et leur orgueil.
Autour de lui étaient rangées de nombreuses troupes de soldats et de porteurs de lances, ceints de leurs armes, qui pouvaient inspirer de la crainte aux spectateurs. En avant étaient placés divers instruments de toute
1: Mot à mol : sur Fextrémité de leurs ongles. — ?. Ps. XXXVI. 35.
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[11] HOMÉLIE LI. 11 aus pers0no :Jp2x30 Jo (oouso Les Het fais pass fax ae LEE Eros Jisiso Jlaso, :flaso,s à &r (ooxs axe] nai OCT ooot sus :550/5a Lys ul Leo hs RSC :0001 où Jo Le AŒù 000! KA°rD No Saba so :laa os) fm x CICTE IJamass
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1. Sie L:; Add. 14599, sas Lasas 49 corrigé en Gtlausass las par BENSLY, The fourth Book of Maccabees, p. $, note; V. illisible.
espèce de supplices qui représentaient les différents genres de chätiments. Certains d’entre eux, extraordinaires, ne servaient qu'à titre d'épreuve. Mais tous également menaçaient d'une mort amère el violente. Par des Tactrations les plus subtiles, si l’on peut dire ainsi, ils déchiraient en même temps la chair et l'âme. Peu à peu ils détachaient celle-ei du lien de leur union intime.
Au premier rang s’avançait le prêtre Éléazar dont la vicillesse se tra- hissait à ses cheveux blancs, mais qui était jeune d'esprit. On lui demandait de manger de la chair des sacrifices païens et de la chair de porc, et de re- noncer au culte pur de la Loi. Le tyran croyait en effet que, s'il triomphaut de lui, il vainerait aussi la Loi et le sacerdoce, dont la ruine serait la con- séquence de la défaite du vieillard. C’étaient ces institutions qu'il attaquait. et non pas en réalité les personnes. * II pensait aussi que les jeunes gens et les disciples suivraient sans résistance leur maitre. Mais il fut déçu dns son espoir et dans ses illusions.
Éléazar se rajeunit dans son corps vieilli et affaibli contre les dures calamités. Il fortifia les jeunes gens, eux qui étaient d'un corps ardent et vigoureux. Il prouva que la Loi était spirituelle, que le sacerdoce était su-
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blime et élevé, en montrant qu'ils possèdent une espérance mystique pour la- quelle on doit souffrir, et qu'ils n'existent pas seulement en apparence et par écrit.
Antiochus était très occupé (ob: %v) à rire d'Éléazar comme de quelqu'un qui souffrait mutilement et dédaignait le mets très délicieux de chair de pore. Il appelait ce mets un bienfait de la nature, et il considérait comme une sottise de préférer la mort à un mets. Mais il tempérait ses menaces en riant de cet homme et en même temps en cherchant à l'effrayer. Parlois 1l montrait à son égard de la pitié et de la compassion; il disait : cet homme est courbé et afaissé par la faiblesse et le faix de la vieillesse.
Les mêmes sentiments étaient partagés par les serviteurs, les porteurs de lances qui enlouraient en armes Éléazar et protégeaient ainsi le roi. De tous côtés ils entouraient en bon ordre le vieillard comme une tour de vertu. Mais celui-ci était pour eux inaccessible, complètement inexpugnable et mvineible. I disait : « Notre Loi. à Antiochus. est la vraie loi: elle est l'œuvre et le don de Dieu, et non pas la doctrine d'un homme. Est-ce que tu-n'as pas entendu
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[131 HOMÉLIE LIL. 1
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parler de Moïse, de son jeûne de quarante jours, de la splendeur et de la purification qu'il en a tirées, du sommet du mont Sinaï, du nuage, de Celui qui lui faisait là des révélations, des Tables gravées par le doigt de Dieu, lesquelles étaient doublement écrites, à l'intérieur et à l'extérieur? A ceux qui étaient très grossiers, ces Tables montraient la face extérieure de l'écriture, mais à ceux qui les contemplaient avec sagacilé, elles indiquaient les profon- deurs mystiques de l'esprit. De là nous est venue la répulsion pour les mets de chair de porc, laquelle nous instruit et nous enseigne à contemir la passion de la gourmandise, à ne pas rechercher les choses délicieuses ” et à observer ainsi la continence. Je respecte donc, ou le fondateur de la Loi qui est Dieu, ou l'esprit de la Loi. Aux animaux privés de raison, il est permis de se servir, comme tu le dis, de l'abondance du don de la nature et de jouir des voluptés sans frein. Mais à l’homme doué de raison, il n’est pas permis de faire ni de manger tout ce qui est possible; il a reçu une loi qui lui interdit certaines choses et qui lui en permet d’autres. C’est pourquoi nous appelons des brutes les barbares, eux qui se mettent tout sous la dent en obéissant à [a nature
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et non pas à la Loi. Tel est l'esprit de la Loï, pour m'abstenir de parler des sens sublimes et surtout inexprimables.
« Mais je dois encore m'adresser à l’impiété et à l’obéissance qui n’est pas conforme aux mystères. Que dirai-je au sujet de l'extérieur ou de la dignité du Grand Prêtre? J'ai peur de la tunique qui descend jusqu'aux pieds et qui est tissée avec des couleurs variées et différentes. Elle montre que le Grand Prêtre doit être revêtu de tout l’ensemble varié des vertus. J’ai honte devant le pectoral des jugements, le symbole de la vérité, que devaient porter sur la poitrine ceux qui ont reçu le sacerdoce, en entrant dans le Saint des Saints, pour acquérir la raison intellectuelle qui est conduite par la parole plutôt que par la colère et les passions ennemies, pour pouvoir juger comme il faut, pour recevoir comme dans un miroir les révélations d'en haut et les directions et les transmettre aux initiés avec exactitude cet vérité. Je suis confus devant la Cidaris, c’est-à-dire la tiare qui couronne la tête du prêtre-en signe qu'il s’est fortifié contre les passions. Je tremble devant la bandelette d’or sur le front, sancüfiée par le nom de Dieu qu’elle porte seul gravé en lettres qu'on ne pro- nonce pas. Elle illumine le visage du prêtre qu'elle conduit et auquel elle
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(5) HOMÉLIE LIL. 15
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enseigne que lui seul verra Dieu. Lorsque je suis plongé dans ces pensées et dans beaucoup d’autres, pourquoi trahirais-je la loi de mes pères? Pourquoi * scrais-je vaincu par un mets privé de raison? Pourquoi souillerais-je ma bouche qui jusqu à une telle vieillesse est restée pure? Tu connais par là, 6 Antiochus, l'état de mon âme; preuds donc maintenant une épreuve de mon Corps. »
Frappé, comme par des aiguillons, par ces paroles qui étaient pleines de philosophie, Antiochus donna l’ordre de lacérer le vieillard par des tortures. Aussitôt les serviteurs porteurs de lances, ces cruels, se mirent à frapper du poing, à multiplier les blessures. Par des coups de fouet ils le lacéraient, attaquant ses flancs et déchirant sa chair au point que son sang coulait abon- damment.
Le vieillard, fixant ses yeux sur le ciel et courant avec empressement vers la voie céleste, soufllait et suait violemment. À la fin, sans avoir été contrat à exprimer une parole de faiblesse et de lâcheté, 1l fut livré à l'ardeur du feu. Alors, lorsque le reste de son corps fut consumé, et après la prière pour le peuple et les dernières paroles de l'agonisant adressées à Dieu, il s envola vers les bienheureuses demeures des anges et des saints Pères,
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16 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [6]
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Les jeunes gens, conformément aux instructions des prêtres, accueillirent les combats du maître et les méditèrent avec beaucoup de diligence et d'em- pressement. [ls connurent mieux que les enseignements de la Loi l'endu- rance du vieillard dans les soullrances, et ils la préchèrent avec ardeur. Ils la conservèrent dans leur mémoire avec une exactitude remarquablement vive, sans aucune faute ni oubli. La science qu'ils reçurent, ce n’est pas prin- cipalement par la langue qu'ils l’enscignèrent et la transmirent, mais par un courage à la hauteur des supplices
Chacun de ces jeunes gens fut amené en public suivant le rang de sa taille. Le tyran croyait, par un châtiment imposé à l’ainé, changer les autres en les effrayant. Lequel ne faillirait pas en effet par peur, en voyant les chairs de ses frères cruellement déchirées et mises en pièces ? Mais tel ne fut pas le résultat. Au contraire, cette idée de frapper par la peur excita ces vaillants guerriers armés de la piété (eècé6e:x) à montrer un courage encore plus grand. L’aîné des [rères songeait que c'était un devoir pour lui d’imiter son maitre. Le second pensait que, outre * le vertueux exemple de son maitre, celui de son frère lui imposait aussi une obligation. Le troisième s’efforçait de surpasser ceux qui l'avaient précédé dans le combat et d’être un exemple d'héroïsme pour ceux
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[17 HOMÉLIE LI. 17
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qui restaient. T'ous s'étaient associés les uns avec les autres dans les luttes et les combats. Chacun d'eux ne combattait pas seulement pour son propre martyre, mais aussi pour le martyre d’un autre. Celui qui s'était avancé le premier était une colonne animée pour celui qui suivait, et un symbole nou- veau de courage qui subitement avait été écrit et placé devant lui, suflisant pour l’entraîner vers un zèle égal. Les derniers, en entrant dans le stade, éprouvaient l'athlétisme de leurs frères encore plus que ceux qui souffraient. Is se préparaient à l'épreuve imminente, craignant non pas de suivre les traces de leurs devanciers, mais de ne pas montrer dans leur corps leur qualité de frères et la méme énergie d'endurance dans les tortures variées produites par les instruments du supplice.
L'ün était allongé sur une roue qui disloquait ses articulations en l’en- traîinant dans la rotation de son cercle, pendant que des charbons ardents, placés au-dessous, le brûlaient en même temps. Un autre était dépouillé de sa peau par des crampons de fer, comme on dépouille un mouton. Un autre, à Vordre qu’on donnait de lui couper la langue, tirait de lui-même la langue et
la tendait pour qu’elle füt coupée, montrant par là que si quelque chose de PXBR- OR: — T. IN. E.
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18 ; SÉVÈRE D'ANTIOCIIE. [18]
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caché à l'intérieur était réclamé pour le supplice, il le donnerait aussi, s'il dé- pendait de sa volonté de le produire. En effet, chacun d'eux avait grand souci de mettre en évidence, en face des nouveaux genres de peines, un em- pressement encore plus nouveau à être éprouvé dans tous ses membres à la fois et à supporter vaillamment de nombreuses épreuves avant que son âme ne se séparât de son corps. Ils estimaient que c'est souvent le propre des animaux d’être abattus dans un seul massacre, tandis qu'à ceux qui se dis- tinguent par leur énergie il convient surtout de porter sur leur corps de nombreuses marques * de courage, de marcher ensemble vers le glaive des adversaires, et de répandre leur sang aussi bien pour leur ennemi que pour leur parent.
Telle était la puissance des jeunes gens, ces vaillants héros, que je ne m'attarderai pas à faire le récit des actes de chacun d'eux. Telle était l'ardeur, la mieux préparée pour combattre, de ces confesseurs invincibles. De mème que les ouvriers qui enchâssent dans une couronne d’or des pierres précieuses et extraordinaires, ne prennent pas des pierres d’une seule couleur, mais de couleurs diverses et variées, pour en faire jaullir un seul éclat; ainsi ces jeunes gens s’élançajent avec joie vers ces inventions de supphiee
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étranges et variées en ornant de diverses manières la couronne du martyre par des combats aussi variés que les pierres précieuses.
Lorsque six de ces frères eurent achevé leur course et, par leur course, furent arrivés à la couronne de l'appel céleste, le septième restait le dernier. Il était surexcité par les six martyres précédents et plein d'ardeur pour eom- battre ct lutter pour la religion. Le tyran qui en avait peur cherchait à l’affai- blir par des caresses et des promesses. Voyant que le jeune homme méprisait ses offres, il ordonna qu'on amenât près de lui sa mère, dont il aurait pitié à cause de son âge et parce qu'elle avait perdu ses fils. pensait aussi que celle- ei pourrait par sa présence, et à plus forte raison par sa parole, attendrir, flé- chir et ramener à la nature l’athlète. Il échappait à cet insensé que c'était elle qui avait aussi oint les autres frères pour le martyre et les avait envoyés au ciel. Et même, près d'eux, à l'instar d’un général ferme et vaillant des guer- riers de la religion, elle les exhortait, allant de l’un à l’autre, regardant et craignant qu'un de ses fils ne faiblit et ne chancelät. De chacun d'eux elle faisait un héros et en même temps elle établissait avec eux un pacte pour le supplice, dans l'espérance qu'elle périrait par le feu ou qu'elle serait coupée
1. Cf. Philip., 111, 14.
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comme un arbre, lorsque ces branches sorties de sa souche seraient tranchées. Bref, elle proférait ces paroles * de saint Paul : « Mes fils, que j'enfanterai de nouveau jusqu à ce que le Christ soit formé en vous". »
C’est en secret el non pas visiblement qu'elle pensait, exhortait et agissait ainsi. Lorsqu'elle se fut approchée publiquement du plus jeune de ses fils con- lormément à l'ordre du tyran, elle jeta en hébreu une courte parole non seule- ment dans les oreilles de son fils, mais aussi dans son esprit. Ce n’était pas pour se cacher des serviteurs qu'elle parla dans sa langue paternelle, mais pour rappeler à l'athlète les premiers Pères et leurs anciennes victoires, et le pousser à un zèle égal. Elle enflamma et fit bouillir extrèémement le cœur du jeune homme qui, dans son ravissement, s’empressait d’absorber cette mort amère comme du vin doux. « Détachez-moi des liens, » criait-il à ceux qui se tenaient auprès de lui. Promptement délié par eux, qui crovaient par erreur qu'il était revenu de ses sentiments belliqueux, il s’élança ct plongea dans un des chaudrons placés devant lui sur un feu flambant. Plus tôt qu'il ne le pensait, il réalisa son désir et rejoignit la troupe céleste de ses frères.
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Après celui-ci, sa mère fit preuve de courage. Elle qui avait été éprouvée par de pareilles douleurs, qui avait été couronnée par les sept martyres de ses fils, elle aussi se ceignit de la couronne de ses fils, en montrant par les faits eux-mêmes de quelle racine avaient germé et crû ces vaillantes pousses. Le chandelier orné de sept lampes n échurait pas le Tabernacle autant qu'elle, par les sept lampadaires doués de raison de ses fils, faisait étinceler l'Église du Christ.
Écoutez cela, 6 Mères, et élevez vos fils de la même manière. Laissez-les aller à l'église et encouragez-les à recevoir les enseignements des prêtres. Ne les faites pas étoufler par les préoccupations mondaines. « Ce qui est visible n'a qu'un temps, mais ce qui est invisible est éternel, » s’écrie le Christ en par- lant par la bouche de saint Paul'. Oh! la mère sainte. Oh! l’âme virile dans un corps de femme. Oh! l'accord des frères qui nous ont montré une même éducation, une même vertu, une même endurance pour la même espérance, la même mort honorable. À ce sujet que nous diront * donc ceux qui tirent l'ho- roscope d’après le mouvement des planètes ? Ce n’est pas sans doute à la mème heure comme dans la même station du zodiaque, c’est-à-dire dans la mesure
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d'un seul point, que leur mère les mit au monde. Ce n’est pas non plus, comme disent les sots Manichéens, parce que tous avaient en soi une grande partie d’un seul pouvoir. Mais la pensée dominante était une pensée pieuse (ETET AR qui était une en eux; c'était la même couronne du martyre qui les invitait. Ces martyrs, en tirant leur zèle de la doctrine de la Loi, précédèrent dans leur course les confesseurs de l'Évangile, de mème que saint Jean-Baptiste précéda le Christ. Auparavant aussi les trois jeunes gens et Daniel, l'homme aux nobles aspirations, furent sauvés du four ardent à Babylone et de la fosse aux lions, et ils apparurent aux Barbares comme des êtres vénérables à cause des miracles et destinés à ramener les Israélites à cette Jérusalem qui est située sur terre. Les jeunes Macchabées, précédant la venue du Christ, la résurrection, la Jérusalem spirituelle, dont l'artisan et le créa- teur est Dieu’, l'annonce du Royaume des cieux qui était déjà proche, partirent du stade des combats vers le ciel, en instituant les premiers etren nous enseignant l'espoir de la vie future à laquelle ils nous préparaïent. Si ce fait n'avait pas précédé, conduit et dirigé par la Providence, que n'au- raient pas dit ces Juifs aveugles en vovant mourir dans les supplices des
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hommes qui confessaient le Christ? Ces Juifs qui n'ont pas d’yeux pour contempler le victorieux espoir de la résurrection, par les rayons duquel nous avons été éclairés grâce à la bonté et à la charité (cædowrt:) de Celui qui nous y convie. À lui la gloire éternelle, amen!
HOMÉLIE LI]
SUR LA CORRECTION, C'EST-A-DIRE LA CALAMITÉ QUI, RAPPORTE-T-ON, FUT ENVOYÉE PAR DIEU À ALEXANDRIE. d Qu'on ne pense pas que les prêtres ou ceux auxquels à été confiée la direction du peuple peuvent sans danger se taire. Qu'on ne s’imagine pas non plus qu'ils font une faveur quelconque ‘ aux auditeurs lorsqu'ils paraissent en public pour parler et enseigner. C’est un devoir qu'ils remplissent en agissant ainsi, un devoir qui, non rempli, cause une angoisse extrême à ceux
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qui sy soustraient. Le prophète Amos dit : « Prêtres, écoutez et rendez témoignage à la maison de Jacob, dit le Seigneur, Dieu le Tout-Puissant!. » Isaïie nous donne le même commandement : « Consolez, consolez mon peuple, dit Dieu; prêtres, parlez au cœur de Jérusalem*®. » 11 faut donc, en premier lieu, que le prêtre possède par la purification une ouïe très fine pour pouvoir saisir promptement les révélations envoyées par Dieu, soit les menaces, soit les commandements. Il doit, en second lieu, rendre témoignage au peuple et parler, non pas en tremblant, mais avec une certaine liberté légitime et sage; non pas d'une manière simple, mais « au cœur de Jérusalem », afin que la parole touche les auditeurs, qu’elle ne réjouisse pas seulement l’ouie, mais qu'aussi elle passe et entre à l’intérieur, et qu’elle envoie vers l'âme le bénéfice des explications.
C'est pour une parole de ce genre que saint Paul écrivait aux Corin- thiens* : « Mais dans l’Église je veux prononcer cinq paroles par mon es- prit, afin d'enseigner aussi les autres, plutôt que dix mille paroles par la langue. »
Les paroles dites par Dieu au prophète Ezéchiel* inspirent une grande
1. Amos, 111, 13 (Septante). — 2, Isaïe, XL, 1-2 (Septantle). — 3.1 Cor.. x1v. 19, — 4. Voir ci-après. p.27. I
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[25] “HOMÉLIE LUE 25
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crainte à ceux qui sont à la tête du peuple, même à ceux qui montrent de l’insensibilité. Elles terrifient et prouvent clairement quel est le danger du silence, surtout pour celui à qui a été confiée la fonction de Grand-Prêtre. Celui-ci est appelé sentinelle (ozorcs), ou parce qu'il agit et veille pour Île peuple qu’il recherche avec sollicitude, et tout œil le scrute et l’examine lors- qu'il dirige à temps et à contre-temps, suivant la loi apostolique", le troupeau soumis à son autorité; ou parce qu'il est placé devant nous comme un modèle et un emblème de la rectitude de la vie; on peut dire aussi un cnpsov, c'est- à-dire une cible vers laquelle les archers tirent une flèche. Le but (6 sxori) est ainsi appelé parce que ceux qui tendent l'arc fixent leurs regards vers Île signe ou le but, * lorsque, au jugé et en visant bien, 1ls veulent ÿ envoyer une flèche. De la même manière aussi, le peuple doit regarder vers le prôtre comme vers le but ou le signe, et diriger toutes ses actions sur sa conduite et sa parole. Ainsi saint Paul, dont l'œil de sa pensée ne se détournait pas ni ne s'égarait, mais regardait seulement vers les choses célestes, dit * : « J’ou- blie ce qui est derrière moi et je tends vers ce qui est devant mot. Je regarde
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vers le but (c'est-à-dire le signe); je cours vers la couronne de l'appel supé- rieur de Dieu. »
Il appelle sentinelle (54076<) surtout le prêtre, suivant cette pensée qu'il est d'usage de nommer sentinelle (ozorc;) celui qui se tient sur un mur ou sur un autre lieu élevé, qui fixe ses veux attentivement et regarde au loin, et qui fait connaître le premier l'irruption et l’approche de l'ennemi ou de quelque autre chose inconnue qui doit arriver bientôt. On peut trouver cette expression (6xor0:) dans le Livre des Rois où elle est décrite d’une mamière évidente : « L’enfant sentinelle (+0 zaidéotov 6 czomds) monta et leva les yeux, il vit qu'une nombreuse troupe s'avançait sur la route de Suraiïm, du côté de la montagne. La sentinelle vint en informer le roi et elle lui dit : « Jai vu « des hommes sur la route de Suraïm, du côté de la montagne '. » Et dans un autre endroit” : « La sentinelle (à cxoxds) alla sur le toit des portes vers le mur; elle leva les yeux et elle vit un homme qui courait seul en face d'elle. La sentinelle cria et le fit savoir au roi. » Et encore dans un autre endroit” : «Et la sentinelle (6 czor<) se tenait sur la tour de lezra'‘el; elle vit la poussière de la troupe d'Iéhu qui s'avançait, et elle dit : « Je vois une troupe. »
1. II Sam., Xu1, 34 (Septanle, II Rois, xX111, 34). — 2. Zbid.. XVuI, 24. — 3. II Rois, 1x, 17(Septante, INR red
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De même, le directeur du peuple qui, en se tenant sur la tour des vertus comme sur un lieu élevé, est exhaussé en fait et en théorie et, pour cette raison, est placé sur un siège au-dessus de tous les autres, doit posséder un œil intellectuel, pur et perçant, éclairé d'en haut et qui le premier aperçoive de loin les calamités imminentes, ou l'irruption des démons comme des en- nemis, ou les embüches cachées, ou les filets dissimulés du Malin, afin d’en avertir le premier, de préparer, de conduire et de diriger les événements *qui doivent en surgir, en dehors des malheurs qui frapperont le peuple. C'est pourquoi l'Écriture sainte le nomme surtout sentinelle (s2076:), comme
je l'ai dit.
Ensuite l'Écriture demande au prêtre que, après avoir vu le premier, il en témoigne au peuple librement, publiquement, plus clairement encore que la trompette aux sons joyeux et à la grande voix, afin qu'il touche l’ouiïe dure et fermée par la méchanceté du monde. Il est bon qu'il entende aussi la pa- role d'Ézéchiel et qu'il sache quelle doit être sa crainte, et quel est le chàti- ment fixé et réservé aux prêtres qui ne prèchent pas ainsi. Cette parole est celle-ci! : « La parole du Seigneur vint à moi en disant : « O homme, parle « aux fils de ton peuple, et tu leur diras : Terre sur laquelle je porterai le « glaive ! Que le peuple de la terre prenne un homine d'eux et qu'ils l'établis-
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« sent pour eux en sentinelle (si; cxorév). Si la sentinelle voit le glaivewenir « sur la terre, qu'elle sonne de la corne et informe le peuple. Si celui qui « entend, entend le son de la corne et ne prend pas garde, le glaive vien- « dra l’atteindre; son sang sera sur sa tête; parce que, en entendant le son « de la corne, il n'a pas pris garde, son sang sera sur lui. Celui qui aura pris « garde sauvera son âme. Quant à la sentinelle (6 5407%:), en vovant venir le « glaive, si elle ne sonne pas de la corne et ne prévient pas le peuple, et si « le peuple ne prend pas garde, lorsque le glaive viendra prendre leur âme, « celle-ci aura été prise à cause de son injustice (ævoutx), et le sang, je le « réclamerai de la main de la sentinelle. »
En vue de ces menaces — si une sentinelle qui se tait sans prévenir mi avertir, ne périrait-1l qu'une seule âme, est coupable du sang de celle-er — que ferons-nous? Ou plutôt quelle cruelle douleur ne subirons-nous pas, nous qui avons été établis à la tête du peuple? Non seulement nous ne pré- venons pas de ce qui arrivera, mais aussi nous avons une langue insensible pour les douleurs posées devant nos pieds et visibles à nos veux, pour des douleurs étranges et extraordinaires, qui n'existaient pas même dans le temps passé et dont aucune mention ne nous a été transmise par l'histoire
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ancienne. Nous avons connu en effet, à une époque peu lointaine et aussi dans les temps anciens, * des villes, des régions, des communautés, des na- lions, qui ont payé la faute des pécheurs et ont souffert cruellement d'épidé- mies, de pluies continuelles, du fléau de la grêle, de la dévastation des sau- terelles, de la disette qui a entraîné le manque des vivres nécessaires. Elles ont éprouvé une maladie pernicieuse et la perte de beaucoup d'hommes qui en sont morts, ou elles ont été livrées en captivité aux ennemis, ou elles ont été frappées d’ulcères et d’abcès incurables.
Qu'il ait été permis aux démons barbares de s’armer ainsi en masse contre tout le peuple d'une ville ou d’une région, c'est une terrible nouvelle dont nous n'avions pas encore entendu parler. Lorsque je parcourais ces malédictions prononcées par Moïse contre ceux qui transgressent les com- mandements de la Loi et que Je lisais les différentes espèces de fléaux, je n'ai rien trouvé de pareil. Mais peut-être citera-t-on cette parole de Moïse !: « Le Seigneur te frappera de démence, de cécité et de dérangement d’es- prit. » Mais ceci n'est qu'une partie et non pas l’image complète du fléau qui est arrivé maintenant. Il y a en effet dans la calamité mème de la dé-
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mence et du dérangement d'esprit. Mais il s'y ajoute encore de ces choses que la parole ne peut exprimer et que l’ouie ne peut croire. Que des hom- mes délirent, se jettent à terre, arrachent et déchirent leur chair sans le sen- tir et deviennent enragés par l'opération de ces démons qui les oppriment, cela mérite que nous l’écrivions. Mais qu'ils s'imaginent qu'ils brülent et qu'ils rendent éteints des charbons ardents, des zx66vx, c'est un fait en de- hors de la rage démoniaque et en dehors de l’ordre naturel, et nous ne pou- vons soumettre à la parole cette douleur qui est au-dessus de la parole. À cela nous devons rattacher, parmi les malédictions de Moïse, cette prédic- tion qui dit' : « Le Seigneur rendra étranges (rxp2005464) tes fléaux et les fléaux de ta postérité, des féaux grands ct prodigieux, et des maladies malignes &T certaines. » C’est le propre en effet des prodiges d'arriver en dehors de l'attente et de la pensée uuiverselle et commune, d'échapper à la portée de l'esprit, d'élonner parce qu'ils se produisent et de n'être crus qu'après qu'ils sont arrivés. On n'y croirait pas * avant qu'ils n'aient eu lieu. C’est pourquoi Moïse appelle prodigieux et certains de pareils fléaux. Après ces menaces si terribles, il en introduit une autre qui est encore de beau-
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coup plus terrible : « Et toute maladie, dit-il!, et tout fléau qui ne sont pas écrits dans le Livre de la Loi, le Seigneur les amènera sur toi jusqu’à ce qu'il l'ait détruit. »
La calamité qui a été prédite d’une manière commune et générale, à sa- voir qu'il arrivera des espèces de fléaux prodigieux. fait certainement partie. il faut le reconnaitre, des calamités qui ont été dites pour nous. Pourquoi donc maintenant a-t-on vu en réalité de ces fléaux qui dans les épreuves anté- rieures ne furent pas connus, autant que je sache? Ce n’est pour rien autre qu'à cause de la prédiction qui avait été faite. Les Anciens des temps loin- tains et ceux qui, après eux, observaient la Loi de Moïse, alors que les hom- mes étaient en quelque sorte des enfants et des êtres serviles et n'étaient pas préparés à la crainte du supplice futur et éternel, ceux-là ne pouvaient éviter de pécher. C’est pour cette raison que la Loi et surtout le Législateur ne les menacèrent pas de la Géhenne et du feu éternel. Mais, dès qu'ils avaient péché, aussitôt après leur péché le Législateur les punissait. C'est en effet Le propre des enfants et des esclaves de rire des châtiments éloignés. Ils crai- gnent, au contraire, les coups suspendus au-dessus de leur tête et se corri-
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gent. C’est encore le propre des enfants qu'à la menace seule de leur père ils se contiennent et prennent peur. C’est pour cela que, pour les disciples de l'Évangile, comme pour des gens parfaits’ et des fils, la correction se fait seu- lement par la menace. Aussi saint Paul, écrivant aux Romains, disait !: « Car vous n'avez pas reçu l'esprit de la servitude de nouveau pour craindre, mas 5: vous avez reçu l'esprit de l'adoption. » Ceux qui autrefois commettaient des péchés étaient aussitôt frappés de châtiments. On trouve le fait constaté lus- toriquement dans tout le Livre inspiré par Dieu. Lorsqu'ils oubliaient le * fol. 102 service de Dieu et l'observance des préceptes de la * Loi pour se tourner vers “Je culte des démons, sur l'heure ils devenaient les esclaves des autres mem- 10 bres de la tribu qui étaient leurs proches voisins, ou de quelqu'un des bar- bares qui étaient en dehors des frontières; ou ils étaient corrigés par d'autres peines. C’est ce qu'enseigne aussi saint Paul en mentionnant quelques An- ciens de la manière suivante dans l'Épitre aux Corinthiens * : « Ne nous pros- tiluons pas comme se sont prostitués quelques-uns d’entre eux, et il en tomba 5 dans un seul jour vingt-quatre (sic)? mille. Ne tentons pas non plus le Chmist comme quelques-uns l'ont tenté, et ils périrent par les serpents. Ne murmu-
1. Rom., vas, 15. — ©, 1 Cor., X, 8-11. — 3, Cf. Nomb., xXx\, 9.
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rons pas non plus comme quelques-uns d’entre eux murmurèrent, et ils pé- rirent par l’exterminateur. » Ainsi, pour les raisons qui ont été énoncées, il n'y avait pas d'intervalle entre les péchés et les châtiments dus aux péchés.
Mais, peu à peu au fur et à mesure que le temps s’allongeait, les Pro- phètes indiquaient par leurs propres paroles les peines du supplice futur et éternel. Isaïe en témoigne, lui qui dit' : « Qui vous annoncera le feu qui brûle? Qui vous annoncera le lieu éternel? » Et aussi * : « Car leur ver ne mourra pas, Ct leur feu ne s’éteindra pas. » Lorsque nous, qui avons cru à l'Évangile, nous faisions ce qui nous valait l'adoption, par la menace de la Géhenne, c’est-à-dire du feu qui ne s'éteint pas — (on appelle Géhenne cette flamme, à ce qu'il me semble, parce qu'elle existe par droit de nauis- sance” ct sans diminution; en tout temps elle est rajeunie et elle flambe; elle n'a pas besoin pour nourrir son ardeur de ce qui est nécessaire au feu matériel et visible) — nous refrénions les grands et affreux instincts du péché, et rien de semblable ne nous arrivait tout d’un coup et subitement. Parlois aussi lorsque nous péchions, il se passait ce qui se passa pour les
1. Is., XXXHN, 14. — 2. Jbid., LXVI, 24, — 3. Comme il est remarqué dans une nole, l'auteur ex- plique yéevva par yevec. PATR. OR. — T. IV. : F:
# fol. 102 VD,
* fol. 10? Ve ap,
34 SÉVÈRE D'ANTIOCHE.
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Anciens : le déluge aux jours de Noé; les éclairs enflammants et les fou- dres qui fondirent sur Sodome; aux jours de Moïse, les serpents dort les morsures étaient mortelles.
Mais quand il arriva que, commettant chaque jour * de très graves péchés et surpassant les Anciens par une perversité contraire à la Loi, nous rimes de la menace des peines futures, nous n’en tinmes aucun compte, nous consi- dérimes comme une sottise le nom même de la Géhenne, et que nous tour- nâmes en dérision la chose elle-même comme ne méritant aucune créance, pendant que chacun de nous disait : « Moi, je jouirai de ce monde qui est proche et de courte durée, j'en viendrai par toutes les voluptés et les perver- sités à brüler éternellement dans le feu: il me plait de saisir les plaisirs qui sont visibles; quant aux fables de l'avenir invisible, je nv songe pas », — alors, c'est alors que le Seigneur nous montre les commencements de Ja flamme à laquelle nous ne croyons pas et qui ne s'éteint pas. I fait sortir d'une manière prodigieuse des charbons ardents des corps humains des dé- moniaques qui sont torturés de cette manière, afin de faire savoir manifeste- ment qu'avec le feu final est apparenté et de mème genre le feu qui tortura ceux-ci et auquel ces ignorants ne croient également pas. « Allez loin de
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moi, dit-1l', à Maudits, vers le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges. »
Il agit ainsi par un grand amour pour l'humanité. En effet, comme le der- nier jour arrive déjà près de la porte, par des corrections très claires et ma- mfestes et par des calamités très douloureuses, il nous rappelle ce qui arri- vera, nün pas par des paroles, mais par des faits, afin que nous ne tombions pas dans des maux inévitables el sans fin. Tout cela, il le fait et l'acquiert, et il est même contraint d'infliger des supplices, préoccupé qu'il est de nous ar- racher à des maux auxquels on ne peut se soustraire et pour lesquels il n’y a pas de fin. Car, dès le commencement, il a employé la menace dans ce but, pour effrayer plutôt que pour éprouver la menace. Et ceci qu'on a entendu dire : que ceux qui souffrent de cette maladie étrange bélent comme des brebis et des chèvres, aboient comme des chiens, produisent par leur bouche d'autres cris d'animaux, se repaissent de paille, d'herbe et de nourritures propres à d'autres animaux, ceci est une juste correetion de notre sottise. En effet comme "ilest écrit * : « L'homme, étant dans les honneurs, n’a pas compris; il a été comparé aux bêtes privées de raison et leur a été assimilé. » Et, comme nous
1. Matth., XXv, 41. — 2, Ps. xLvitt, 13 ct 21 (Septantc).
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LObit,
* fol. 103 po ei.
20 SÉVÈRE D'ANTIOCIHIE. [36]
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1. L Sic, lire las. — 9, [Nasïfses: V illisible.
n'avons pas même une sensation de la propriété ou de la qualité animale qui est dans notre esprit, il nous reprend par des paroles imintelligibles, en s’écriant comme s’il citait une parole de l’Écriture' : « Ta bouche te repren- dra et non pas moi. »
Ne nous posons donc pas très méchamment comme des gens qui restent en dehors de cette maladie, alors que, plus qu'eux, nous souffrons du manque de raison. Celui qui émet le cri d’un animal privé de raison ne nuit à per- sonne; au contraire, 1l est utile en éveillant la pitié et la tristesse chez ecux qui l’entendent. Mais toi, qui possèdes une âme d'animal insensée et privée de raison, qui as revêtu en même temps en toi-même les passions de nombreu- ses bêtes et qui es aussi varié (702640200:) que les phénomènes appelés signes, à cause de les défauts et de ton iniquité envers tes proches tu es seulement haï et tu n'es jamais pris en pitié. Et c’est très juste. En effet on prend pitié de ce qui est involontaire, mais on hait ce qui est fait avec intention. Cela indique le chäâtiment, eeet la méchanceté. En quoi diffères-tu du lion, dis-moi, lorsque, comme dit le prophète David ? : « Tu es embusqué en cachette comme
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un lion dans sa tanière; tu es embusqué pour ravir le pauvre, pour ravir le pauvre en l’entrainant »? Comment doit-on surtout t'appeler, lorsque tu es ravisseur comme le lion, cruel comme le loup, irascible comme le chameau, vorace comme l'ours, ardent pour les femelles comme le cheval — « Ils devin- rent des chevaux ardents pour les femelles », dit Jérémie en parlant d'indivi- dus ‘, — frappant des cornes comme Île taureau, lallongeant pour ruer comme l'âne, sautant sottement comme le bouc, rusé et fourbe comme le renard? Quand une seule âme souffre de tout cela, peut-elle encore ètre appelée une äme? N'est-elle pas plutôt un démon dur et cruel? Eh quoi! N étuit-elle pas bienheureuse l'ame de celui qui devait manger de l'herbe * et de la paille et ne pas se nourrir comme les hommes ses semblables * ? De même aussi un certain prophète a dit * en flétrissant des individus qui s'exposaient au meurtre : « Ils disent : « Immolez des hommes, car les veaux ont manqué. »
Ayons donc honte et corrigeons-nous, 6 mes amis et mes frères, et regar- dons vers notre âme, bien que tardivement. Recherchons par la douleur ma- nifeste et certaine des autres et surtout par l'opération et la correction divimes les maladies secrètes de nous-mêmes. Et nous, pleurons sur nous-mêmes, car,
1. Jér., v, 8. — 2. Cf. Daniel, 1v, 29, Seplante. — 3. Osée, x111, 2, Septante.
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38 SÉVÈRE D'ANTIOCIIE, [38:
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pour avoir commis de très graves fautes, nous serons destinés aux supplices futurs et éternels dus aux grands péchés. Que nous soyons corrigés dans ve monde qui est proche et qui a une fin, c’est un grand avantage pour ceux qui ont péché. Car, soit en totalité, soit en partie, ils seront déliés de leurs péchés selon la juste mesure de Dieu, lui qui par justice autant que par amour pour l'humanité pèse à chacun ce qui est du. Écoute-le lorsqu'il dit par l’intermé- diaire du prophète Isaïe au sujet de Jérusalem : « Consolez-la parce que son humiliation a été complète. Sa faute lui a été remise parce qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double de ses péchés. » C’est pour cette raison quil ajoute la consolation à la rémission et au pardon de la faute, parce qu'elle a reçu le double des peines dues à ses péchés, lorsque les Babyloniens l'eurent torturée misérablement plus que de raison. Notre-Seigneur aussi, dans l'É- vangile, introduit Abraham qui répond dans le Schéol au riche qui brülait et sollicitait qu'on ealmät sa langue par une seule goutte? : « Souviens-toi que, Loi, tu as recu tes biens pendant ta vie, et Lazare de même ses maux. Mante- nant 1c1 1 est consolé, mais toi, tu es aflligé. »
Qu'on ne s’imagine pas non plus que ceux qui ont été frappés d’une dou- leur ont été corrigés parce qu'ils avaient péché plus que nous. Dans des eas tels que ceux-ci, Dieu commence d'abord par ceux qui notoirement sont près
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[39] HOMÉLIE LH, 39
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de lui plutôt que par les autres. On peut entendre Dieu qui dit dans Ezéchiel aux anges des supplices qui étaient sur le point de ravager Jérusalem !: «En trez dans la ville, détruisez et n'ayez pas de pitié; * commencez par mon sanc- tuaire. » Et lorsque les fils d’Aaron offrirent un feu étranger et qu'ils furent consumés pour cette raison, il dit * : « Dans mes proches je serai sanctilié et devant toute l’assemblée je serai loué. » Saint Pierre, le premier chef des Apôtres, a écrit aussi d'accord avec cela”? : « Il est temps de commencer le
jugement par la maison de Dieu. » Si c'est par nous d'abord, quelle sera la fin
de ceux qui ne croient pas à l'Évangile de Dieu? David chante aussi Grand est Dieu et terrible pour tous ceux qui sont autour de lui. »
Sachant cela, prévenons la colère par la pénitence : arrétons-la lorsqu'elle s'étendra sur le chemin et approchera. N'oublions pas que nous sommes comme des justes et que nous ne méritons pas de soulfrir comme ceux qui ont déjà souffert. Dieu qui aime l'humanité, qui est sage et qui attend Île retour de nous tous à la vertu, ne dirige pas sur nous tous en même temps la verge qui frappe: mais il s'approche différemment et d'une manicre variée de ceux qui pèchent. Ceux-ci, il les frappe et leur rend service en leur remet-
1. MAcohr., 1X95<6. — 2. Léve, X, 3. — 3. l° Ép. de saint Pierre, 1v, 17. — 4. Ps. LXXXvIN, 8, Septante
* fol.
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40 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. ” [40]
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tant totalement le supplice futur et éternel, ou en faisant ce supplice très léger. Ceux-là, il les corrige, les fait rougir de honte et les convertit par les châtiments des autres; ou, si par cet exemple ils ne sont pas terrifiés et ne se repentent pas de leur malice, il les livre aux derniers supplices de la jus- tice, soit maintenant, soit dans le monde à venir. Ne regardons donc pas seulement vers les temps anciens. Si nous ne pensons pas à l'avenir, nous tomberons dans de sottes pensées et nous dirons comme un prophète l'a écrit dans un endroit ' : « Vain est celui qui sert Dieu. Quel profit avons- nous à observer ses observances? » Alors, mais alors nous verrons clai- rement® «entre le juste et entre le pervers; entre celui qui sert Dieu et ce- lui qui ne le sert pas. C’est pourquoi voici que le jour vient qui brüle comme un four; et il les flambera; et tous les étrangers et tous ceux qui prati- quent l'injustice deviendront un roseau; et le jour qui vient les brülera, dit le Seigneur Ommnipotent. Et il ne restera d'eux ni racine ni rameau. * Etpour vous qui craignez mon nom se lèvera le soleil de la justice, et la guérison est dans ses ailes ».
Maintenant, j'ai rapporté ces paroles avec un grand soin (o%0#0v{x:), afin que nous sachions regarder vers les choses du monde futur et que nous ne
1. Malachie., x11. 14. — 2. Zbid., 117. 18: 1V, 1-2.
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jugions pas seulement par ce qui est proche la justice de Dieu et sa rétri- bution qui répartit et donne ce qu'il faut à chacun des pécheurs dans un ordre convenable. Il est bien temps maintenant que nous voyions à nous oc- cuper comment, en donnant satisfaction à Dieu pour nos péchés, nous ne rencontrerons pas en chemin cette douleur arrivée à autrui, laquelle, st nous cherchions à plaire à autrui, viendrait aussi sur nous. Il est, il est en effet des remèdes, au moyen desquels on peut arrêter et interrompre la colère qui vient de Dieu. Pour l'instant, c’est la prière, c’est qu'à l’aide des supplica- tions nous implorions et nous célébrions Dieu de concert avec les prêtres qui font fumer l’encens suivant la loi et élèvent l’hostie. Saint Paul, en écri- vant aux Hébreux, dit ! : « On doit élever en tout temps le sacrifice de louange à Dieu, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom. » Lorsque Îles Israélites, parlant à Moïse et murmurant des blasphèmes, tombaent tout d'un coup en masse et mouraient, Moïse dit à Aaron * : « Prends l'encensoir, et mets-y du feu de l'autel; jette dessus de l’encens, porte-le promptement dans le camp et expie pour eux, car la colère est sortie du Seigneur et elle commence à détruire le peuple. Aaron le prit, comme avait dit Moïse, et il courut vers la communauté. Déjà la destruction avait commencé dans le
1. Hébr., xur, 15. — 2. Nombr., XVI, 46-18,
79 ; SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [42]
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1. L'in margine ©. om
peuple. I jeta de l'encens et expia pour le peuple; et il se tint entre ceux qui étaient morts et ceux qui vivaient, et la destruction s'arrêta. »
La colère qui avait commencé, vous voyez que le prêtre l’arrêta en entrant et en se tenant au milieu avec de l’encens, et qu'on doit s’empresser d'offrir
en tout temps la prière comme le fruit des lèvres. On sait d’abord que l’en- ;:
cens est le type de la prière pure et de la bonne odeur (&wdix). « Ma prière
est pure, dit-il, comme l’encens devant toi. » Usons donc maintenant de la “fol. 101 prière avec ardeur et constamment. * Ne soyons pas satisfaits lorsqu'il nous "sera arrivé de prier une ou deux fois, et ne rejetons pas la chose loin de nous comme superflue. Mais prions avec des larmes en fléchissant le genou à terre. 1 Supplions ; implorons. Je suis honteux et je me voile la face lorsque nous, prêtres, nous sommes prosternés à terre et nous prions, et lorsque je vous vois debout au milieu du peuple et la bouche ouverte. Le diacre erie pour tous également de plier le genou. Même dans le cas contraire : si, pour amsi dire, il ne criait pas pour tous, vous devriez cependant vous incliner pen- 1; dant que les prêtres se lèvent et tendent pour vous les mains vers le cel. Mais prions tous ensemble ; agenouillons-nous ensemble; frappons avee soin (@oruvi:), afin que Dieu ouvre à tous la porte du pardon.
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Il y a encore un autre remède qui guérit et contient la colère, et qu'il faut en même temps mêler avec la prière; je veux dire la pitié pour les nécessiteux, par laquelle nous faisons participer les pauvres à nos biens. Saint Paul la fait suivre aussi lorsqu'il ajoute ces paroles à celles qui ont été rapportées plus haut! : « N'oubliez pas la bienfaisance et la mise en commun; des sacrifices de ce genre plaisent à Dieu. » Cette vertu, le prophète Daniel la conseillait aussi au roi Nebucadnezar lorsqu'il eut prévu par une sage interprétation des songes que la vie de celui-ci serait transformée suivant les habitudes des carnassiers et la manière de vivre des bestiaux, comme nous apprenons maintenant que c'est le fait de ceux qui sont frappés de cette maladie-er. 11 dit* : « C'est pourquoi, à roi, que mon conseil te plaise; rachète tes péchés par des aumônes et tes injustices par la pitié pour les pauvres; peut-être y aura-t-il de la longanimité pour tes fautes. » Il faut done y joimdre ce gran remède, très puissant et utile pour toutes les maladies et les maux.
Je dis ceci : Nous devons participer sans cesse au sacrifice sans sang du corps et du sang du Christ, lequel enlève le péché du monde, à la seule con- dition que nous ne détournions pas la grâce. Ce sang fut montré autrelois aussi par une figure et une image, quand l'agneau était immolé pour la
1. Iébr., xu11, 16. — 2. Daniel, 14, 24, Seplante.
* fol. 101 Han);
* fol. 101 J'° b.
dl SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [A4]
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Päque que Moïse avait prescrite, * et quand on en enduisait les seuils ou les montants de chaque porte: alors que les premiers-nés des Égvptiens étaient frappés, 1l écartait des enfants d’Israel l’exterminateur qui ne touchait à aucune maison enduite. Nous aussi, enduisons du sang divin les portes spi- rituclles de notre maison, c'est-à-dire nos bouches. Ainsi nous échapperons à l’exterminateur et, en mangeant le corps de Dieu et du Verbe qui s'est fait chair et en emplissant de sainteté notre intérieur, nous rejetterons et chas- serons de nous toute passion déraisonnable et bestiale; nous serons pour les démons belliqueux non seulement indomptables, mais aussi redoutables, surtout si nous ajoutons le jeüne, cette arme très utile et excellente contre les esprits malins ; nous nous sauverons de la colère aussi bien présente que future; et nous mériterons le royaume des cieux par Jésus-Christ Notre-Sei- gneur, auquel reviennent avec le Père et le Saint-Esprit la gloire, l'honneur et la puissance éternelle". Amen!
1. Cf. Ép. de saint Jude, 25.
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HOMÉLIE LIV
À CEUX QUI, APRÈS LA PRIÈRE, VONT AU THÉATRE. IL EST CONTRAIRE A LA LOI DE VOIR CES SPECTACLES. NOUS DEVONS PRÉVENIR PAR LES OEUVRES DE LA PÉNITENCE LA NÉCESSITÉ DU COURROUX QUI A ÉTÉ ÉTABLI, ET PARTICIPER SOUVENT AUX
MYSTÈRES SAINTS ET ADORÉS.
De nouveau je me suis avancé, alors que je manque de toute capacité pour parler ou enseigner quoi que ce soit d’utile; alors que je suis obscurci pur le nuage des soucis matériels, dans lesquels est liée cette Église sainte et immatérielle d’une manière inconvenable; alors que des personnes la chargent successivement de fardcaux étrangers et non sacerdotaux. Com- ment les troubles extérieurs ne porteraient-ils pas préjudice aux religieux de l’intérieur? C’est contraint et conduit de force par cette nécessité pré- sente, et comme quelqu'un qui brülerait dans le feu, que je suis poussé à cela, et non volontairement. Qu’y a-t-il d'étonnant si moi qui fais sortir
de moi-même des ulcères nombreux et incaleulables, j'ai subi cette douleur sans pouvoir me taire? Lorsque le prophète Jérémie, qui dès le sein de sa
* fol. 101 VL.
* fol. 104 vo 4,
A6 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [46]
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mère avait été * consacré, voyait que son peuple riait surtout de ce qu'il lui avait dit, loin d’en être attristé, et s’en moquait sans en éprouver du cha- grin ni de l’aliliction, qu'il ne tremblait pas non plus devant le courroux dont il était menacé, alors le prophète songeat à se taire; mais il s’en- Mamma et brüla dans son cœur, et fut forcé de parler. C'est pourquoi il disait! : « J’appellerai l’impiété et la misère parce que la parole du Sei- gneur a été pour moi un outrage et une dérision toute la journée. Et j dit : Je ne nommerai pas le nom du Seigneur et je ne parlerai pas de son nom. Et il fut dans mon cœur comme un feu brûlant qui flambait et se pressait dans mes os, et je ne puis le supporter. »
I suflit donc, ainsi que je l'ai dit, que le lien de ma langue soit faible, que cette tempête des événements mondains arrive seulement, aimsi que le trouble extérieur de ceux qui combattent la parole orthodoxe. Si alors je pense, comme Jérémie, que pour moi aussi la parole du Seigneur a été un outrage et une dérision, je dirai nécessairement, moi aussi comme lui : « J'ai dit : Je ne nommerai pas le nom du Seigneur et je ne parlerai pas de son nom. » Je pricerai pour qu'une porte de prison soit mise sur mes lèvres ct que
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[47] MOMELIE LIV. (y
Jess Ro jono Ré Ml; cé om] Lisos Jlsé, LR Jos je : ame -Lsco jo ST STE LAON JHarssasoo fabéso 59] Jess Lsus Aid as Op KO nô Hauso Ko ko .Jla sl cr? Jijel bai AL a. se PS lo : LS CRE SSD Lsians ;30f 50: yle [se mo +axkass s) Lesdad Où A7) LUN anus JEiRe es Lab &sr ok] Jar: où Jai Lao .(ay}l Lasis Loi Aus: JLpe Ja Kool ASS Loi)lo .comsorsass flan) INR LAS ER D ss ss J JS; «as Jusa 19 KL JL ss LE Os :;sofl NN) .Jlan.s wadasN Au] sais J LA) .Rosloka | Jase,s ds as LES so :Jÿlay Lonso .Lokal (iso; omsy Ko] Luna Jy Sc EANATTAN as) Jo .J5kss Jiokado Ka slokal {sos oœiokads (oh Ka 2-8500 J Q HN .ilol LA Lise 5 +0 Lu: + 550) Mises Lsaua, thus jlo) Lio :oœs SR wolo JAuso Ka Lu:co Has :JLsas
je sois contraint à un silence complet, sinon Île rire et la dérision manifeste pour les paroles du Seigneur ne feront pas que je ne prèche avant peu des prières universelles dans l'Eglise. des larmes. la confession des péchés. le jeûne, et, pour parler simplement, la correction effectuée par la pénitence, à cause de ce fléau déjà menaçant qui, pour ainsi dire, est proche et sus- pendu au-dessus de notre tête; il est terrible à entendre.
Vous donc, ou plutôt beaucoup d’entre vous, ear Je ne dois pas vous accuser tous, vous irez au spectacle de l’hippodrome et à ce temple du rire ou, pour le nommer d’un nom peut-être plus propre, de l’ardeur de
da prostitution, à ce théâtre de toute luxure. Mais tu diras que tu n'as
pas manqué aux prières ni aux assemblées dans l'église, et que tu as pris part de la même manière aux spectacles. Cependant n'as-tu pas entendu S. Paul qui écrit aux Corinthiens' : * « Vous ne pouvez pas boire la coupe de Notre-Seigneur et la coupe des démons. Vous ne pouvez pas prendre place à la table de Notre-Scigneur et à la table des démons. » Un sage ne dit-il pas très bien* : « Un qui construit et un qui démohit, à quoi cela servira-t-il de plus qu'à prendre de la peine? Celui qui prend un bam el se lave à cause d’un mort et qui touche ensuite à celui-ci, quel profil
1. I Cor., x. 21. — 2. Ecclésiastique, XXXt (XXX1V), 27-31, Seplante
* fol. 101 vo h.
* fol. 10 vi
A8 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [48]
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tirera-t-il de son bain? De même un homme qui jeûne pour ses péchés et qui va ensuite commettre les mêmes fautes. » C’est le fait de ceux qui agissent ainsi contrairement à la loi et sont pleins de perversité. Ils s ima- ginent prendre part à la Table et à la Coupe, manger et boire et faire ce qui leur plait. Le Livre sacerdotal témoigne au sujet de tels gens en disant : « Ils mangent une nourriture d’impiété et s’enivrent d’un vin illicite. »
Et quelle perversité y a-t-il, dira-t-on, à regarder une course de che- vaux? Une grande et non pas une quelconque. Je te répondrai librement. Ô un tel! Premièrement : tout spectacle est nécessairement consacré à un des dieux qui portent un faux nom (bevdévuuos), et donné en son honneur : à Neptune, le spectacle des chevaux; à Mercure, le spectacle des lutteurs qui combattent seuls; à Artémis, celui des lutteurs qui combattent avec Îles animaux; à Bacchus, les représentations (cxnvi) théâtrales. Comment plairait à Dieu ce qui fait la joie et le plaisir des démons? Comment courrions- nous vers ces spectacles auxquels nous avons légalement renoncé lorsque nous étions inscrits pour le service du Christ, que nous souserivions à des actes d’obéissance envers lui, et que nous étions préparés à mériter le
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[A9] HOMÉLIE LIV. 19
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baptême divin et salutaire. Ces spectacles sont en effet les pompes de Satan et le culte de ses fêtes auxquelles nous avons renoncé. Deuxièmement : alors même qu'on dirait : « Les représentations ne sont pas données en l'honneur des démons, mais pour notre plaisir. » Mais nous irriterons le Créateur si nous usons des animaux privés de raison d’une manière con- traire à ses commandements. Chacun d'eux a été créé pour remplir un
besoin quelconque de la vie du monde, * et non pour un agrément excessif
et inutile. Le cheval a été donné aux hommes pour que, montés sur cel animal, ils accomplissent rapidement leurs courses et sortent contre Îles guerriers qui viennent à eux. Il est pour eux un secours et un auxiliaire dans le combat contre les ennemis. C’est aussi ce que dit Celui « qui parlait à Job du milieu de la tempête et des nuages! » : « O toi, as-tu posé la
puissance dans le cheval et as-tu revêtu son cou de crainte?..…. Marchant à la rencontre de la flèche, il rit et ne se détourne pas du fer... Lorsque
la trompette donne le signal, 1l dit : Bravo, bravo! De loin il sent le com- bat”. » Il est écrit de même dans les Proverbes” : « Le cheval est prêt pour le jour du combat, c'est le secours de la part de Dieu. »
C’est pourquoi cet animal a été introduit pour servir à la vie de l'homme,
1. Cf. Job, xxxvuit, 1. — 2. Job, xxXxIX, 19-25. — 3. Prov., XXI, 31, PATR. OR. — T. IV. fl
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et non pas pour que tu l’abimes en lui faisant faire sept tours du cirque, en faisant sortir chars contre chars, en écrasant ses pieds par la vitesse des roues, ni que tu te réjouisses et applaudisses à une chute misérable et déplorable. Ce n'est pas là ce que te prescrit et t’enseigne le Livre divin, mais le contraire. Lorsque tu agis ainsi, il écrit pour toi les mots de cruauté et d’iniquité en disant" : « Le juste a pitié de la vie de ses bes- tiaux, mais les entrailles des impies sont sans miséricorde. » Ce que dit le sage saint Paul? : « Est-ce que Dieu a souci des bœufs? » vise un autre sens. En effet, en parlant aux Corinthiens, il disait qu'il faut « que ceux qui prèchent l'Évangile vivent de l'Évangile * ». « Qui fait jamais la guerre à ses propres frais? Qui plante une vigne et ne mange pas de ses fruits ? Qui pait un troupeau et ne mange pas du lait du troupeau? Est-ce que Je dis cela comme un homme? Ou la loi ne le dit-elle pas aussi? Dans la loi de Moïse il est écrit : « Ne mets pas un frein au bœuf qui foule le grain. Est- «ce que Dieu a souci des bœufs'? » Voilà donc ce qu'a dit ce commande- ment légal qui ordonne de ne pas mettre un frein au bœuf qui foule le grain : Dieu a fait la loi non pas parec qu'il avait souci de l'équité (eivouix)
1. Prov., xt, 10, — 2. I Cor., IX, 9. — 3. Zbid., 1X, 14. — 4. Ibid., IX, 7-9.
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[51] HOMÉLIE LIV. 5
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due aux bœufs. Qu’y a-t-il donc d'odieux à ce que ceux-ci soient entravés et retenus sur l'aire afin qu'ils fassent leur service avec soin et ne s’occu- pent pas de leur ventre en temps inopportun? Mais, par ce commande- ment, il nous enseigne qu'il est juste que ceux qui travaillent soient nourris du produit de leur peine. C’est pourquoi il ajoute ensuite! : « Ou parle-t-il absolument pour nous? Car c'est pour nous que cela a été écrit, puisque celui qui laboure doit labourer avec espoir, et celui qui foule doit fouler avec l'espoir de prendre sa part de nourriture. »
Que Dieu a soin de tout, s'occupe de tout et aime tout en tant que Dieu, c'est chose connue et bien évidente. « Tu ouvres ta main et tu remplis tout animal de bonne volonté (&dox!x) », lui dit le prophète des Psaumes*. Mis un sage dit aussi * : « Comme tu peux tout, tu es miséricordieux pour tous. » Un autre écrit aussi ‘ : « La pitié de l’homme est sur son prochain; la pitié de Dieu est sur toute chair. » Ce n’est pas une raison, parce que quel- ques espèces d’animaux ont été données aux hommes pour être tuées et mangées, pour que, durant leur vie, nous ne devions pas nous servir d'elles avec miséricorde, nous n’ayons pas pitié d'elles, et que, pour un amuse-
1. I Cor., 1X, 10. — 2. Ps. cxLIN, 16. — 3. La Sagesse, x1, 24 — 4. Ecclésiastique, XVHE, 13,
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ment et un plaisir diabolique, nous fassions un commerce vain et nuisible de l’épuisement, de la fatigue et de la mort des chevaux. Et de qui s'agit-il? De nous qui devons imiter Dieu : « Soyez miséricordieux, dit-il! comme votre Père est miséricordieux. »
Diabolique est le spectacle des chevaux, c’est ce dont témoignent les ruses et les moyens astucieux qui y sont pratiqués, cette émulation qui res- semble à de l’enchantement, ces meurtres affreux, cruels et illégaux des fourbes qui se montrent audacieux contre un äge jeune et fable (). Ges spectacles (?) peuvent grandement courroucer Dieu; ils méritent de nom- breux éclats de tonnerre et des éclairs flambants. Alors mème que le diver- tissement serait exempt de pareilles choses, nous en jugerions par ses fruits. « C’est à ses fruits * qu'on connaît l’arbre*. » Tel est le décret du Christ, Dieu et sauveur, qui ne ment pas°. Or quels sont les fruits de ces combats de chevaux? Des querelles, des blasphèmes, des luttes, la confusion des sens, des clameurs, des attaques à coups de pierres, des guerres entre con- citoyens, des meurtres, des incendies. Combien de fois tombe souvent dans un de ces péchés le plus pur des spectateurs? Ou il crie, ou il se querelle. ou il blasphème, ou il se laisse emporter à la colère et à l'outrage. Et quel
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châtiment en résulte-t-il? On détourne et on s'aliéne Dieu. Y a-t-1il une peine plus dure?
Maintenant écoute au sujet de la clameur qu'on estime être moindre que les autres choses : « Le Seigneur a dit' : La clameur de Sodome et de Go- morre s’est accrue vers moi et leurs péchés sont très grands. » Cela suflit pour montrer ce qu'est la clameur. C’est d’abord l'accusation de Sodome et de Gomorre. Le Seigneur dit encore par l'intermédiaire du prophète Isaie *: « Car la vigne du Seigneur Sabaoth est la maison d'Israël, et les hommes de Juda sont la vigne plantée récemment, la chérie. J'ai attendu qu'elle fit ce qui est juste ; elle a fait l'illégalité, non pas la justice, mais la clameur. » Eh quoi! La clameur est sujette à l'accusation.
La querelle est-elle chose louable? Nullement. Vois comment Dieu, par l'intermédiaire du prophète Ézéchiel, la place parmi les grands sujets de blâme, lorsqu'il dit ° : « Les Israélites ne voudront pas t'écouter, car ils ne veulent pas m'écouter, parce que toute la maison d'Israël se compose de querelleurs et de durs de cœur. » Tu te demanderas pourquoi la querelle est rangée avec la désobéissance et la dureté de cœur. Saint Paul place en-
On aus ns 02. Iss, v, 7. — 3Ézéch.,onr, 7.
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54 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [54]
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semble tous ces vices comme étant de nature à affliger et irriter le Saint- Esprit. En effet il écrit ainsi! : « N’aflligez pas l’Esprit-Saint de Dieu, dans lequel vous avez été signés pour le jour du salut. Toute amertume et cour- roux et colère * et clameur et blasphème soient enlevés de vous avec toute méchanceté. »
Pourquoi donc allons-nous au spectacle de l'hippodrome? C'est pour que tous ces vices bouillonnent à l'instar d’un mauvais courant dans un lac,et non pour que, restant plutôt en repos, nous prions Dieu de nous pardonner lorsque, occupés des affaires du monde, nous sommes entraînés contre notre volonté à une clameur, à une parole de blasphème ou à la colère. Mais, s’il vous plait, examinons les théâtres, ces lieux de spectacles, et voyons s'ils ne sont pas nuisibles et pernicieux, et non, comme on le pense et le dit, amusants et réjouissants. Je laisse de côté l'orchestre (5ey#ors2), c'est- à-dire la danse en groupes et exubérante qui effémine les corps virils, et ces chants érotiques ou amoureux qui enseignent la mollesse, dissolvent la wi- gueur de l’âme, dans laquelle ils insèrent et déposent la rage de toutes les vilaines passions, l'enlaçant et l'ensevelissant sous le fardeau et l'ivresse des voluptés. Que dirons-nous des spectateurs des mimes, ces gens du
1. Éphés., 1V, 30-31.
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[55] HOMÉLIE LIV. 55 LonmsS aù j:/ : JR ue CT K@uèt Lemsor sa Loper Las Sax OHS0 AS gp p9 ile patent so) Jof où Lie Loupe Joie Joss où. boss ç? 9 Ji GS Wa, où :aokaso, fasis; aa. Os Ans oùù : PLAN ) Jun Sos) Jooss Lun) Lis maso kid Lo ya 2 ADS ssl); où Ja, ak sol 50h) Lison où Koso bso j-aù -Jao Loi a. .j wo Lis > S| : Jniso M) JA l5ss M7 aa J : ska) Aofasaxs <2! ab D |) IX + proc Lusoso fs pos SSD Hans Loaù 05h30 F> Joot wo) fasls «st SS :Au/ FN ED DEN JAscas psy Jrauso où Lécoe : JR cé Loi jam) fa.) DES So) ER Hosodo :Lepss fus DRE Jkanu Jlaslasdo adsos Jia oops ar :Lias Loya ss GE] Loos; Koss Kofpnnso Jloss, Sos Hiuoy JRUD DS JW flaiSo be Loi; tJlaamo flous où Jo, où JS + a Sbs : Le wô pe RU es gi l ZX 50 Jo &ol .‘Lssis 5] lois
ridicule? Est-ce que nous n’excitons pas le courroux et la colère de Dieu lorsque nous rions en voyant frapper le visage d’un homme que Dieu à créé, dans la face duquel Dieu a insufllé le souflle de la vie pour qu'il füt respecté même des anges, et qu'a honoré aussi le Verbe de Dieu qui s'est fait homme pour nous, lorsqu'il est ressuseité d'entre les morts et à soutllé sur les Apôtres en disant! : « Recevez l’Esprit-Saint. » Un visage qui a été honoré à ce point, bien plus qui a été doublement célébré, ne penses-tu pas que c’est un sujet de terreur et d’effroi même pour les troupes célestes, lorsqu'il est outrageusement frappé et tourné en ridicule? Ensuite, dis-mot, ris-tu de choses sur lesquelles tu dois pleurer et te lamenter?
Où placerai-je cette couche pure, cette union honorable qui devient un su- jet de plaisanterie? Et la chaste communauté qui, * comme une adaltére. est triturée par la dérision? Et les membres du corps qui sont mis à nu, eux par qui se procréent les enfants, par qui se conserve la transmission de notre race? Et la partie naturelle dont on ne doit pas parler, qui est ridiculisée d’une manière honteuse et odieuse? Et surtout ce mystère plein de pudeur et de chasteté?
Respecte, 6 homme, — ne respecterais-tu pas autre chose, — ta forme qui
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56 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. ; [56]
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1. L'in margine : fàs.
a été créée par Dieu. Respecte la seconde création divine, pour laquelle le Verbe de Dieu, en prenant un corps de la Vierge, s’est associé à toi. Pour- quoi rire de toi-même, comme ceux qui, dans la folie et sans aucun sentiment, déchirent ou mangent leur propre chair? Pourquoi donc, lorsqu un adultère ; est commis contre toi d'une manière outrageante, pleures-tu et gémis-tu, et penses-tu que ta vie n’est plus une vie? T'afiliges-tu en voyant le soleil, et crois-tu que tout est sens dessus dessous? Écris-tu contre l’adultère une sentence de condamnation à la prison? Déclares-tu que la mort est une faible peine pour lui? Combien de fois voudrais-tu faire périr le pécheur ? Lo Lorsque tu vois des représentations perverses de ce genre dans ce théà- tre odieux du jeu, tu éclates de rire, tu te répands en effusions et tu appelles joie et divertissement ce spectacle déplorable. De quels yeux regarderas=tu ta femme lorsque tu rentreras à la maison? Comment exigeras-tu d’elle la chas- teté, toi le spectateur de l’impudicité de ces spectacles affreux, inconvenants " et immoraux, toi qui as amassé une quantité de milliers de passions et qui nourris dans ton esprit les images des vices comme un feu qui couve et brûle dans les bois?
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157] HOMÉLIE LIV. 5
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1. L apLlo sic.
« Que faire, dit-il, voici que le théâtre des jeux est ouvert et m'appelle au spectacle! » Mais, s’ilétait fermé, y aurait-il besoin de ces paroles, 6 mon bon? Comment verrais-tu ce qui n’est pas exécuté? Ce serait une grâce de la néces- sité et non de ta volonté. Comme il est ouvert, passe devant en courant, avec fermeté et philosophie. Laisse sans les visiter les acteurs qui sont là tout prêts. Fais voir que tout cela est futile et sans utilité. Car 1l ne suflit pas pour l'excuse de ceux qui sont captés, que l’on prépare et dispose le théâtre, que l’on attire et trompe ceux qui y prennent place avidement. Celui qui dérobe des habits pourrait dire aussi que, ayant vu des habits et de l'or, il a été tenté dans son esprit et a été trompé. Celui qui regarde avee un esprit de for- nication sans se tenir sur ses gardes, s’excusera sur la beauté des femmes. Par là peut-il surtout ètre considéré comme non coupable?
Mais on n’ignore pas que celui qui s’éloigne avec fermeté des tentations qui sont à sa portée, méritcra, parce qu'il pratique la vertu, la couronne et les récompenses de la victoire. Fuis done de toutes tes forces les spectacles, la suffocation des âmes, l’abime de Satan, la ruse parée, la ruse plaisante (:5- redcwros), le dommage qu'on subit insensiblement, la ruine facile, évidente ct
* fol. 106 nd
* fol. 106 OA
* fol. 106 Ne: 1,
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58 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [58] Lis! Ro :Jlarase J; liskaæ Go :lsois Las flash so sal Les LS mg ot LaS sul Xe -Somo JLio Limite où SRE Le per JG pool 10 Al j38l JRSRS cé JRSSe 99 Al cote w? JRäasse : Jai Se Line, Lio Roi NX Jo) :JRass frio) Laduos KLks LA Jess où Jos : Jan Lio or Roms) Nopno au . ps0ht30 Je Wos Ladas Jar .[kno] A os pasi soie) .Lisy Jo, Lo LiGass ovao Lo aloiasxS :coaoo «as His Ja :Jssms Loso) fon sos hs où Lis ASS Où ol J .comsass yo, No Ro Lu Rosa jo Jo BASE :ojaspul Lsokoks xfo RL As ww JR sol J os fioias Lis Rio 0] wish = ols0 :Jlaa, D Ad ko) fhasss Lopso Has .JAubls Jisans Mal) croi .Jsis où ca Lai FR Jan 51) :feus KE 00 jas . 00 Ho, kus o] Jhkass
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certaine. Si quelqu'un t'y entraîne, entraîne-le en sens contraire à l’église en lui disant cette parole de l’Ecriture' : « Détourne ton pied de la mauvaise
voie. Les voies de la droite, Dieu les connaît, mais les voies tortueuses .
sont celles de la gauche. » Montre-lui très au long par la parole la différence de ces deux voies. Montre la fin de chacune d’elles. Tourne en risée et blâme devant lui l’état passager et le peu de durée de ce divertissement fugitif. Effraie-le, dépeins-lui le futur tribunal du Christ. Améne-le à l'espérance de la bienheureuse vie infinie qui est préparée pour les justes. Enferme-le de tous côtés. Ne manque pas son salut. Ne perds pas la proie. Si tu vois qu il résiste trop fortement dans la lutte, qu'il s’eflorce de triompher dans le mal et que, soit par la ruse, soit par la violence, il cherche à t’entrainer vers le vice, alors aie recours à une juste colère, rejette une amitié ou une compagnie mauvaise, empresse-toi de fuir le méchant. Souviens-toi du Législateur spirituel qui t'or- donne et te commande de te fâcher et non de pécher. Ainsi Phinées se mit en colère et, lorsqu il eut —— et percé de sa lance ceux qui commettaient la fornication, ‘le fléau cessa (7, \insi Moise, le plus doux et le plus humble des hommes, s’irrita contre ceux qui transgressaient les lois de Dieu, alors quil
1. Prov., IV. 27. — 2. Cf. Nomb.. XAN. 7-8.
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[59] HOMÉLIE LIV. =0
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supportait doucement et humhlement ses injures personnelles. Lorsque la famille de Dathan et d'Abiram et la réunion de la famille de Coré ' se soulevè- rent contre lui par jalousie et d'une manière outrageante, le législateur et chef du peuple tomba à terre sur sa face devant eux, et il exhortait et supphait les insulteurs de ne pas s’exposer à la colère d'en haut. Comme ils demeu- raient désobéissants et orgueilleux, à la fin il les envoya en enfer.
Nous devons subir et supporter humblement et philosophiquement les in- jures et les mjustices qui nous sont faites, mais celles qui sont dirigées contre Dieu et fomentées contre sa gloire, nous devons nous tenir en éveil contre elles avec colère et le plus durement possible. C’est pourquoi un prophète a dit : « Que l’homme doux devienne belliqueux. » L'humilité et la douceur qui sont inintelligentes et n'ont pas de raison d'être, sont le propre des moutons et non des hommes raisonnables, C'est pourquoi l'irascibilité se trouve dans notre âme, afin qu'elle nous exhorte et nous excite au courage, que nous nous en servions contre la mollesse des passions, et que nous combattions avec elle pour les lois de Dieu et aussi pour la vérité.
1. Cf. Nomb., xv1, 24 et suiv.
* fol. 106 ve D.
* fol. 106 ve b.
60 | SÉVÈRE D'ANTIOCHE. 60]
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Mais je ne sais pas pourquoi, après le sermon que je vous ai prêché aupa- ravant dans l’église, alors que je m'attendais à vous voir faire de bonnes œn- vres, je vous parle encore des moyens d'éviter le mal. Je reviens à parler du vice et de la vertu, parce que nous avons besoin de pratiquer beaucoup les bonnes œuvres pour échapper à cette colère qui est suspendue au-dessus de nous, qui est en route maintenant vers d’autres villes. * Elle ne s'est pas encore éloignée de la ville d'Alexandrie, dont elle continue de dévorer les gens sains, croissant et se propageant, au point que les habitants ferment non seulement les théâtres, mais aussi les cabarets, les maisons des marchands de vins, les boutiques de viandes crues et cuites et de comestibles de toute sorte offrant quelque agrément, et dans leur deuil ne se nourrissent que de pain et de lé- œumes secs; ils ne font rien autre que de supplier Dieu tous les jours par d’ardentes prières.
Saisissons done cette nécessité pour montrer volontairement de la pémi- tence et obtenir, outre le bénéfice d'éviter la colère, la récompense due en pareil eas. Ce n’est pas, en effet, sans en être récompensé qu'on songe de son propre mouvement : Si de telles calamités nous survenaient, que ne vou- drions-nous pas fire pour y échapper? Avant qu'elles ne surviennent, vivons
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161] HOMÉLIE LIV. Gil
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avee vigilance (o5orov4) et philosophiquement. Si, par cette correction et par la crainte, nous ne nous convertissons pas, manquerons-nous d'être des sots et des étrangers pour Dieu, d’être livrés à une ruine complète, et de tomber dans la fosse profonde ?
On peut trouver ainsi évidente la parole écrite par Jérémie : « Par la douleur et la verge sois instruite, 6 Jérusalem, afin que mon äàme ne s'éloigne pas de toi, et que je ne fasse pas de toi une terre inculte qui ne soit pas habitée. » Aussi est-ce terrifié ct tremblant que je me suis arrêté à ces paroles, et j'ai prononcé à pleine voix ce verset de l'Apôtre saint Paul* : « Pendant qu'il en est temps encore, faisons le bien. » Nous avons grand besoin de beaucoup de prévoyance. Nous attendons le choc impétueux des démons contre nous. Fortifions-nous par le mur du secours divin. Quel est ce mur? La crainte de Dieu. « L'ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent, et il les sauvera*. » Considère que la garde d'un seul ange autour de toi prend la place et la force de tout un camp d'armée et de l'en- semble des soldats. Et aussi à chacun * de ceux qui craignent le Seigneur est attaché un ange pour sa garde. C'est pourquoi, en parlant d'hommes chastes,
1. Jérém., vi, 8. — 2. Galat., vr, 10. — 3, Ps, XXXIIE (KXXIV), 8.
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* fol. 107 1
62 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [62]
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nous disons : ton ange. Dans les Actes des Apôtres', lorsque Pierre, arrêté et mis en prison par Hérode, eut, contre l'attente de tous, frappé à la porte d’une maison, les gens qui étaient à l’intérieur, perplexes et incrédules, dirent à la jeune fille qui l’annonçait : C’est son ange. Et qu'y a-t-il là d'é- tonnant, quand chaque petit enfant a son ange gardien déterminé et dis- tinct? Le Seigneur dit dans l'Évangile * : « Voyez, ne méprisez pas un de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient en tout temps la face de mon Père qui est dans les cieux. » Non pas comme si l’on voyait la face de Dieu. Comment done aurait une face celui qui n’a ni forme ni corps? Ou comment verrait-on l'être invisible? Mais c’est l'habitude de la Sainte Écriture d'appeler face l’action que Dieu fait pour nous. Ainsi le Psalmiste a dil® : « Ne détourne pas ta face de moi»; et! : « Éclaire ta face sur ton serviteur. » Les anges voient done, c’est-à-dire considèrent quelles sont l’ac- tion et la sollicitude de Dieu pour les petits enfants, et ils les gardent en veillant avec soin et vigilance.
Comprenez-vous, Ô femmes, quel tort vous causez à ces petits enfants, quand vous les envoyez au théâtre? Vous dépouillez ces êtres que vous aimez
il. Actes des Apôtres, chap. x11. — 2. Matth., XVI, 10, — 3, Ps. XXI, 9. — 4. Ps. XXX, 17,
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[63] HOMÉLIE LIV. (3 Les 0 JL Les NS &Nl 51-830 so) : fax) <ausèt LRU JLa.à-so Jasi,-s so « ESS LA) 9 NS y NAN SN] LS Ja) Kuot D .JLorso|s | CENRE au | > EEE AE :Jhsoaco Lois Ko :Las DS EE Ls.æ yas Jul LAN dar : No) A RSS De? TS JRuspsspso ÿ RORT Mia Lisoto Ua Folie Likas sas sr Jidas Nos aù PQ roi NE RE L9]L JMS JaS; où pl 2 0 0309 Ja. / So s| J | Jo LS Jado Le) kus [Kio La 215). oo GA pains fase Jo ..Ls) avis Jo Lù J5ls JMaslas L0 bi Koss Où 50h a) ŒaAaD Loos :JAiso Ko) Jos J 9 any, OÙ 4% | e waÿdas NX où Jioke Li) &i'okso JAuas SL ol :&3) Je hoùks .JKso Ko _S or CAS : Au) jm JAN CN 5507 Jodo .floisoiy x» Ji W M3 Jlouso J où Li miohs ja-misilo :yadas pass fs; Lo
du secours et de la garde angéliques, et vous les préparez à subir le dommage du Malin. On définirait cela le fait d’ennemies, plutôt que de mères! Courons donc tous à l’église, jeunes et vieillards, hommes et fem- mes, gens de toute espèce et de toute taille. Rendons ainsi non troublée la garde des anges autour de nous, surtout en participant aux saints mystères, par la puissance desquels nous serons oints et nous serons fortifiés. Alors près de nous demeureront les anges non seulement à eause * de notre propre garde, mais aussi par honneur pour leur Maïître; et ils seront fermes et per- sévérants pour nos âmes et nos corps qui seront comme des habitations angéliques dans lesquelles demeure le Roi. Que personne ne me dise : Je crains la communion des mystères et je men écarte. Saint Paul en effet m'arrête lorsqu'il dit' : « Celui qui mange et boit d'une manière indigne, mange et boit la condamnation pour lui-même. » C'est pour cette raison que, une fois ou deux par an, je m'approche de la table redoutable avec circons- pection. Et c’est cela, dis-moi, que tu regardes comme un empéchement, parce que l'Apôtre te dit : Tu te purifieras chaque jour et tu jouiras de cette nourriture immortelle dont tu ne dois manger ni boire d'une manière indigne.
LAACOT, TEA:
* fol. 107
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G4 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [64]
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1. Sal (sic.)
Si l’on te rappelait lorsque tu dois te rendre auprès d’un roi, que tu dois faire ton entrée d’une manière convenable, avec une tenue et une démarche modestes, nous ne dirions pas qu'on t'a écarté ainsi de la demeure des rois, mais qu'on t'a plutôt encouragé à y entrer et à y jouir de l'honneur en te présentant d’une manière convenable. Et encore, lorsque tu t'approches une fois par an, tu ne te purifies pas à l'avance pour toute l’année d'une mamère digne par ce jour, dans lequel tu veux t’approcher. S'il n’en est pas ainsi, ta subtilité a-t-elle quelque raison d’être? C’est tout le contraire. Lorsque tu as entassé l’impureté de plusieurs mois et un grand amas de péchés, c’est plutôt d’une manière très indigne que tu t’approches. Celui qui s'approche conti- nuellement, sait qu'il est tout préparé pour se présenter devant le Roi, le saluer et le recevoir à l’intérieur; de toutes ses forces et de tout son pouvoir, il évite de nombreux péchés. Mais toi, après avoir fixé une fois pour t'abste- nir ensuite, tu envisages un long délai el, avec assurance et sans crainte, Lu fais tout ce qui te plait jusqu'à ce que vienne ce jour dans lequel il ny aurait pas même une entrée pour le Roi qui trouverait fermée ton habi- tation.
Nous devons done nous purifier le plus possible et nous approcher cons-
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[65] | HOMÉLIE LIV. 65 Jo She à HT Lopehso cooke, JR Duss EAS Lavas 0} Lis] Jan) Sas pes no, DOS CS L01) Jo Jus IN sé Pol: Lay; alu HS (mu Rien; loc sas fo Lis JRimass Là Jhasasks 90 :f Je JAN CDs Lima, as . wol La _vo; so je; Lsoa, mm Sas + : LS. sofa do A) oo # 00 750 JRuss J,s “Jo Jools Lin, . lo [so pl : lou L=;oks JoaNs Ip) Liaso js}: rl &S Hoasas yl who Mbiiooksoo :Laso,so Loass JAsoëss Jlins Rs ado / + Loc Lisoso Jlasussols Jess 9/5 As Lo. Lo Lis A Eisasso Je où y> Nusot (oo Lsokso a ms Jo Aufisso)s Lo SN so og Jens fins J'aiSs Lys Ni] Goo ja ss Jluss Lsy Lio, ROXs . JRsss Jlassso) La Kuaso 4 Lam ok . Lis TRES ss AUS Gù Koss où asso où Jloiass Ji: Les,so DoënAs (|: Res Plan se J fsanss Ni JE iso SS faut sLoñss ado ce <em421ko De! Les _—. Rss SlLohks's 4 LS LS) Luiol Ko > Woo =
tarament du Pur. Le soieil est * visible aux yeux sains, mais ce n’est pas une raison pour que ceux qui ont une vue faible dédignent de se soigner pour être privés complètement de l'éclat des rayons. Ne sais-tu pas que ce sacrifice spirituel et non sanglant se retrouve dans le service légal qui était accompli autrefois au moyen du sang, lorsque, chaque jour matin et soir, il était offert en expiation? Par là on doit savoir qu'il n’y a qu’un seul et même sacrifice qui, suivant la Loi, était offert le matin et au commencement de la connaissance de Dieu, el qui, suivant l'Évangile, étail immolé pour la fin des jours du monde et le soir, d'une manière spirituelle et plus complète. Ce sacrilice était appelé aussi sacrifice perpétuel, parce qu'il était offert per- pétuellement et sans interruption. Si donc tous te ressemblaent, à toi qui nc te présentes qu’une seule fois dans l’année, le sacrifice demeurerait un sa- crifice non sacrifiable, la perpétuité de l’immolation serait interrompue, l’expiation cesserait, l’autel serait sans service. Quel serait celui qui pren- drait le péché du monde qui a besoin en tout temps de purilication? Tu vois en combien d’insanités nous tomberions, si nous obtissions à nos décisions intimes, et non pas à la Loi.
En nous oceupant de faire de bonnes œuvres par tous les moyens, parti- PATR. OR. — T. IV. 5
* fol. 107
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* fol. 107 y”
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* fol. 107 vo b.
66 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [66] ..Jsou Jislokaso J Joow fisasorsos A) J :o 0] + J Le 1,555 31] oem, La Lo ie Jos fan) + fire Kœsér Le Libs Esp coul Kyo Er un GES ELA Lot Lors vas gel ax Jos |
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cipons donc au sacrifice vivifiant. Car il n’est pas possible que quelqu'un croie et n’y participe pas, s’il veut vivre de la vraie vie, comme 1l ne peut vivre sans respirer d'air. C’est pour cela aussi que nous, qui avons cru dans le Christ, nous vivons, nous nous agitons et nous existons par lui'. À lui la gloire éternelle. Amen!
HOMÉLIE LV
A6y0s GUYYTAATIAGS OÙ PAROLES D'ADIEU, LORSQU'IL SE PRÉPARAIT À PARTIR POUR VISITER LES SAINTES ÉGLISES DES CAMPAGNES ET DES VILLES ET LES" SANTS MONASTÈRES.
Soucieux de suivre la loi qui nous vient des Pères, nous partirons demain pour visiter les églises saintes des campagnes et des villes et les monastères sacerdotaux des ascètes qui se consacrent à la vie monastique. Dieu dirigera notre marche suivant sa parole que David à rapportée dans les Psaumes *.
1. CE Rom, VI, Ne PS aUIX (Cri),
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[67] HOMÉLIE LV
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Car la loi veut * que celui qui, à quelque époque que ce soit, occupe ce siège apostolique, visite, en quittant la ville, le troupeau du diocèse. J’estime que cette loi est convenable. Comment en effet ne serait-elle pas convenable, elle qui est ancienne el en même temps honorée, qui s'appuie non seulement sur les décisions des Pères mais aussi sur les paroles du Livre inspiré par Dieu ? Il est écrit que le prophète Samuel menait à Ramatha la vie ascétique, + avant sa demeure habituelle, faisait le service de l'autel et y exerçait le ministère sacerdotal. Lorsqu'il faisait des sacrifices pour le peuple, 1l'eireulait el se ren- dait dans les lieux célèbres et saints, visitant et jugeant Israël. Le Livre sa- cerdotal a ces paroles ! : « Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie. Et il voyageait constamment chaque année, il cireulait à Béthel, à Galgala et à Mispa, et il jugeait Israël dans tous ces lieux saints. Son retour avait lieu à Ramatha; là était sa demeure, et il jugeait là Israël, et il construisit là un autel au Seigneur. »
Cette coutume de visiter et de circuler qui sied à ceux auxquels à été con- fiée la direction du peuple, ne manquait pas non plus aux Apôtres. Il est éerit dans les Actes des Apôtres ? : « Après quelques jours, Paul dit à Barnabé :
l. I Sam., vu, 15-17 (Septante, I Rois, vit, 15-17). — 2. Actes des Apôtres, XV, 36.
# fol. 107 vo h.
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68 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [68] Jo Rois ii SES JRiiso Vas Lip jasmio Koso fias ook] Liwass Lioope Nuso RS où too Au Eur Lisos Lis. | «=! ok} 0) LD Ram) Jo Ji so JL ao LS JON Roms ke Ja Se se + DT paner LD (ou) Liste «es LL} sk JS SNL 0] -.bl sisks by Ko Jos K » Jlye KL Lol ass — d Xe Da wodas fon &As | Lhassa )l Leds el Las aù J;1 .L/ EEE Lis Jhas : (anus [Ok Cioo - # Riel er ie Joo 556] iso +9 IR «8328/ Jus an RJiko LS aùc Esoss .fisys CRE LS pas Ro JL, Los io Joss el auso JLL Re Al; où huis, où Loan Lors Gers Lu) Je 45 il omel 55}; Lady 095 go Jo SN Ro Lsjo Hit NS Jhoïly AI) Jias, ÿselr où Lopa- LS » JRussl Risakss Là [9 ss) a ss où : Loc Jloïouo au aaëS (opelu J JhiÇeæ Lisor fs] amas Loi scuas és J x J :fliasy ah) Les Co Jlasss,sn EX Rfseo
1. Ho fæL (sic.
Retournons-nous-en et visitons les Frères dans toute ville où nous avons an- noncé la parole du Seigneur, (pour voir) comment ils se trouvent. » On a déjà montré que ce voyage est légal et nécessaire, et non pas supertlu et oiseux. Mais vous, dans quel état pensez-vous que je me trouverai lorsque je cessera pour un peu de temps de me mêler avec vous les amis de Dieu ? Ou de quelles paroles me servirai-je si je prolonge un peu trop mon absence et me prive de votre vue sacerdotale? N'est-ce pas de ces paroles que saint Paul éerivait aux Thessaloniciens en disant! : « Nous, ô nos Frères, ‘qui avons été fait or- phelin de vous pour un moment, de vue et non de cœur, nous étions surtout sollicité par un vif désir de voir votre visage. » Qui admirerait comme 1l con- vient la puissance de ces paroles? Au milieu d'elles je suis saisi d’étonnement lorsque j'y vois mélée cette charité que le Christ a enflammée, lui qui dit* : « Je suis venu jeter le feu sur la terre et je voudrais qu'il brülât déjà. » C'est au sujet de cette charité que la fiancée du Cantique des Cantiques qui sym- bolisait à l'avance l'Église, dit® : « Beaucoup d’eau ne pourra éteindre la charité et les fleuves ne l'emporteront pas. »
l. Ilhessal. 11. 17. — à Luce, MO - 5 CGanbeNie. 7
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[69] HOMÉLIE LY. dé
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En premier lieu, cet abandon qui est très court — je ne dis pas : ce voyage — il l'appelle un orphelinage qui a eu lieu pour un moment. Car il n’a pas dit : Lorsque nous nous fümes séparé, ou lorsque nous nous fûmes éloigné de vous, mais : Lorsque nous avons été fait orphelin de vous, montrant par là que la charité était comme l'amour filial et paternel, et qu'elle possede la puissance de la nature; bien plus, que chez beaucoup elle est encore plus at- tachante que celle-ci. Mais ici encore il revient à l’ordre naturel; prenant en eflet la figure d'un père, saint Paul s'appelait un orphelin et donnait à enten- dre qu'il possédait en lui les deux amours en même temps : l'amour paternel et l'amour filial, aimant comme un père qui souffrait dans son amour, et comme un enfant qui ne peut supporter l'orphelinage. Un père en effet pourrait peut-être supporter la séparation des enfants, mais un fils n'a ni la philoso- phie ni la force d'agir ainsi; aussitôt il se laisse aller aux larmes et aux san- glots. Il ne dit pas seulement : Lorsque nous avons été fait orphelin; mais : Lorsque nous avons été fait beaucoup orphelin de vous. Alors qu'il avait été enlevé et arraché à eux et que, comme par la nécessité, il avait été en- traîné violemment, il montrait cela par une addition et une extension de la locution dont il se servait : Nous avons été fait beaucoup orphelin de vous.
En second lieu, il a ajouté qu'il a été séparé de vue seulement et non de cœur, indiquant qu'il cireulait encore parmi eux en pensée, et se consolait
70 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [70] CT LIDK SS :Jox Lise Jsoso - Aooù Joc 2 assis = * fol. 108 : feet -%| ol Ro Jai Sas Joor par Jus Kootlpe ul Je JR nes los Jus gs jp Je JRG=r 26rs abs cas Ris cor Ho Joie] Lot Jo où 7e mass Où où Li Joan Sas) X 2 +, 25e) oùD Jus RS Jo JR bass J; .SLkso oo TT ylo os où Jon À] Lions où imadas :Ksoa <> A ce! © usaso Lai Jlsäwo : JLsôs Los Jon sans : Loi Las Jus Jisass Jlaulissho ..o8n JAsi aloikis, LR fes El el bi Je Luis Las; CA) = Jyoto + Lan DS mass Li SSs .Luvos ans 10 Shs y Li ge (221-530 Res, Jo Rif koo . Los Jo <> 09) :Luus-dos be,s gs 2250; rhoyso cle abs) Lise, 5 Ra0n0 Lsan.cos Jsor Lio] Jlsèso :J5sos Aura ao w07S No wados, wol JLsäs +5 ox] Jliasy Jason L| k, wc? 22 Lsnss 5 çr> .. usa &ks Lima ss Jai, LA . Lf ose 15
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* fol. 108 ainsi. Il brülait et était enflammé par la perte de leur vue corporelle, ” c'est ne pourquoi il disait : Nous étions surtout sollicité par un vif désir de voir votre visage. Dans lequel de ces mots dois-je classer le sens? Dans « surtout »? Dans « Nous étions sollicité »? Dans « par un vif désir »? Tous ces mots
me montrent que l’ami était enflammé comme quelqu'un qui serait anxieux, : empressé et avide de voir sans mesure et sans restriction celui qu'il aime. Tel était Paul qui possédait en lui le Christ et qui, comme d'une source d'amour divin, répandait des flots de paroles et de sens divins et enflammés. Lorsque, moi le petit, je vois l’image de sa grande vertu et l’abondance de
votre beauté spirituelle, je suis frappé dans mon àme à cause de vous, alors w que je suis un ami honteux et inutile et que je suis entrainé loin de vous de force et non volontairement. Mais, comme nous avons été rachetés pour un prix, et pour un prix très grand, par le sang du Christ", 1l faut absolument que nous suivions les commandements du Maître et que nous emplissions la
voie tracée devant nous. jé Je veux vous adresser une courte exhortation en me servant de nouveau des paroles que saint Paul écrivit aux Philippiens * : « Done, mes amis, comme
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vous avez obéi en tout temps, non seulement en ma présence, mais mainte- nant beaucoup plus en mon absence, travaillez à votre salut avec crainte et effroi. » Souvenez-vous de moi pour les oflices des psaumes aux séances noc- turnes, pour les prières du soir, à cause de cette colère qui était descendue sur nous, pour ces supplications accomplies à cet égard, que nous crümes devoir faire pendant tout ce mois, deux fois par semaine. I nous à fallu pendant tout ce temps-là supporter cette fatigue, jusqu'à ce que nous eussions appris que nos frères, qui étaient travaillés par ce mal, étaient délivrés de ce terrible fléau. J'avais craint de vous causer de l'angoisse et des charges, et de vous imposer un fardeau sans que vous satisfassiez au commandement, vous qui aviez montré votre volonté en appelant de la joie les théatres et les divertisse- ments inutiles.
* Allez à l’église d’une manière constante et suivie. Là, étendant vos mains, suppliez Dieu de vous diriger vers toute bonne œuvre et de vous aider. Ne dormez pas de peur que, pendant que vous ne seriez pas sur vos gardes, les démons, à l'instar de certains barbares, ne s’élancent sur vous. Qu'ils ne voient pas que vous n'êtes pas fortifiés et que vous êtes privés du secours de Dieu. Ils ont une vue perspicace, vigilante, attentive, meurtrière, « car ils ne s’endormiront pas sans faire du mal; le sommeil est écarté de leurs yeux et ils
* fol. 108
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72 SÉVÈRE D'ANTIOCIIE. HOMÉLIE LY. [721
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ne dorment pas », dit ce Livre sacerdotal'. De tous côtés fortifiez-vous donc par la foi et la pureté de la chair, en faisant le signe de la croix sur votre front et en revêtissant la puissance des saints mystères comme une cuirasse spirituelle. Par une abondante miséricorde pour les nécessiteux vous vous attirerez la miséricorde d’en haut. Et nous aussi, éloignés de vous, nous vous aiderons, en sollicitant ces hommes qui ont quitté le monde et qui sont près de Dieu, pour qu'ils étendent leurs prières pour vous, des prières pures et rapides que ne retardent ni la matérialité ni la distraction et qui volent vers le ciel.
Nous croyons qu'il y a un seul Dieu dans la Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Qu'il soit comme un mur triple et inexpugnable pour la ville, terrible et invincible pour Satan et les démons. Faisons monter par-dessus tout la louange au sauveur de nos âmes, auquel appartiennent la gloire, l'honneur et le pouvoir pour l'éternité *. Amen!
l.PFOT., 1v, 16. — 2. CL Ep. de saint Jude, 27.
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HOMÉLIE LVI
SUR SON ARRIVÉE À KINNESRIN ET SA RÉCEPTION PAR LES FIDÈLES DE LA VILLE. LE COMMENCEMENT SEUL DE CETTE HOMÉLIE AVAIT ÉTÉ PRONONCÉ, LORSQU ELLE FUT INTERROMPUE À CAUSE D'UNE QUESTION D'AFFAIRE MUNICIPALE ET D'UN TU-
MULTE , ET ELLE FUT REPRISE SUBITEMENT A LA FIN.
Quand Moïse le Grand fut monté à la montagne du Sinaï, alors quil fut entré
. au milieu du nuage, qu’il fut resté quarante jours * sans prendre de nourriture
et qu'il fut avec le Législateur, il devint initié aux mystères de la loi. Alors il descendit, portant dans ses mains ces bienheureuses tables qui avaient été écrites par le doigt de Dieu'. Le doigt de Dieu incorporel, c'est le Saint- Esprit. Tout ce que Dieu écrit, est écrit par l'Esprit. C'est pourquoi tout ivre divin est dit inspiré par Dieu. Lorsque les Pharisiens disaient de notre Sauveur le Christ qu'il chassait les démons par Beelzeboub, Matthieu dit qu'il leur répondit et leur dit? : « Si je chasse les démons par l'Esprit de Dieu.
1Cf: EXx., xxxr, 18; Deut., 1x, 10, — 2. Matth., x11, 28.
108 b.
* fol. 109
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c'est que le royaume de Dieu est proche de vous »; Luc, écrivant la même chose, dit que Notre-Seigneur dit aux blasphémateurs ‘: « Si je chasse les démons par le doigt de Dieu, c’est que le royaume de Dieu est proche de vous. » Lorsque aussi les magiciens et les sorciers de Pharaon cherchaïent, comme il est écrit *, à faire les prodiges qui avaient été accomplis par la main
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de Moïse et qu'ils furent vaincus, stupéfaits de la puissance invincible de l'Esprit qui opérait ces prodiges : « C’est l’œuvre du doigt de Dieu », s’écriè- rent-ils*. Ce que Moïse fit comme serviteur et ministre, c'était l’œuvre de la grâce qui opérait par ses mains ces miracles. Mais le Christ, l'Esprit lui appartenait en propre en tant que Fils, il était dans sa nature et de même 1” essence. C'est pourquoi il soultla sur ses disciples en disant ‘ : « Recevez le Saint-Esprit. » C'est lui qui au commencement forma l’homme de la poussière
de la terre et soufla sur sa face le souflle de vie. Tout ce qui fut, c’est le Père qui le fit par le Verbe et le Fils et par l'Esprit qui y prit part et couvait au- dessus des eaux qu'il frappait, et par lui il donnait l’être à tous. Par lui nous #5 aussi nous vivons, nous nous agitons et nous existons”. Il est celui qui main- tient l’état de ce qui existe.
* fol. 108 " Lorsqu'il portait les tables qui avaient été écrites par cet Esprit, Moïse, JET 1. Luc, X7, 20. — 2. EX. vint, 18. — 3. Jbid., Viir. 19. — 4. Jean. xx. 22. — 5. Cf. lafin de NHo-
mélie LI\.
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[75] HOMÉLIE L\YT.
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voyant que le peuple était devenu insensé, injurieux et coupable, qu'il s'était fait, au lieu de la gloire de Dieu, une image d’un bœuf mangeant de l'herbe — c'est ainsi que le Livre raille d’une belle manière leur faute! — il jeta ces tables écrites par Dieu et les brisa. Dicu en effet établit la loi pour ceux qui sont éveillés et non pour ceux qui sont ivres. Mais, lorsqu'ils se furent re- pentis de leur péché, il écrivit de nouveau dans d’autres tables la même loi. D'abord cependant Moïse entendit ces paroles *: « Monte vers moi à la mon- tagne et je te donnerai ces tables de pierre, la loi et les commandements que j'ai écrits, tu en feras leur loi. »
Après le péché, il ne parla pas ainsi, mais? : « Taille-toi deux tables de pierre semblables aux premières; monte vers moi à la montagne et j'eertrai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as bri- sées. » Cette parole montre par un symbole que lorsque Dieu eut eréé l'homme au commencement et qu'ensuite il l’eut recréé de nouveau par le nouveau baptême de l'enfant, 1l écrivit sur les tables de son cœur qui étaient pures, qu'il avait créées et renouvelées ensuite, ses propres lois : d’abord la loi na- turelle, et à la fin la loi évangélique et spirituelle. Si quelqu'un brise par le
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* fol. 109
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76 SÉVÈRE D'ANTIOCIHE. [76] OHSQLO 0 +2 QU HT :ShkS Jai, sh LR où ° où Joss IR kr Jlaud ous NX © .Jle=.l ea ADS où WKo_m as CS + Joss Jlosanms
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péché ces tables du cœur, il n’est plus digne du même livre écrit par le doigt de Dieu, si ce n'est lorsque lui-même se taille pour lui ces tables au moyen du repentir, en effaçant en lui l'horreur du péché par des œuvres pures.
Si done le Roi et Maitre universel n’a pas refusé et repoussé, mais a daigné donner de nouveau et une seconde fois sa loi au peuple qui Pavait irrité, quelle excuse aurions-nous, nous qui sommes poussière et cendre, comme 1l est écrit', si, à vous les brebis aimées du Christ qui respirez le zèle divin, nous n’adressions pas le même discours qui mit fin au trouble de quelques-uns? Je dois donc répéter les paroles qui ont été déjà dites. Pour vous, c'est le même discours que vous entendrez. Je sais parfaitement bien que ce “n'est pas dans des tables non taillées, mais dans les tables purifiées de votre cœur que je le déposerai.
Beaucoup de raisons m engagent à ne pas traverser en silence votre ville, mais à faire entendre ma voix dans cette assemblée fidèle et aimant Dieu. qui est l'Église du Dieu vivant, et à montrer seulement la bonne volonté de ma propre pensée, quoique je n'aie à dire rien de puissant ni qui soit parti- culièrement utile. Une raison beaucoup plus que toute autre m’encourage,
GENS, NN 7,
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[77] HOMELIE LVL 77
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m'enflamme et m'éveille. Mais la pensée se refuserait à avancer et à accourir sans l'organe de la langue, si c'était possible. La langue préetde a pensée. (Quelle est donc cette raison? C'est que cette église non seulement confesse sans fausseté la foi orthodoxe, mais accepte aussi le danger de souffrir pour elle si l'occasion se présente, et que, comme une vraie fille, elle sauve l'image maternelle de l'Église apostolique qui à été construite à Antioche. Comment donc ne la saluerais-je pas de toute ma voix et ne l'embrasserais-Je pas pater- nellement? Elle est chère aussi aux pères qui perfectionnent dans la vertu el aiment ardemment ceux de leurs fils qui conservent particulièrement Pimage de ceux qui les ont engendrés, qui leur ressemblent par la forme et la beauté de leur physionomie et qui possèdent le caractère de leurs pères. Quel est donc le caractère de l’Église apostolique établie à Antioche? Elle crie à Emmanuel avec saint Pierre! : « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant »; elle confesse un seul et même Christ et fils du Dieu vivant, le même Dieu et le même homme véritable, et non pas un et un autre, comme les Chalcédoniens l’ont divisé d’une manière perverse en une double nature après l'union inex- primable. Saint Pierre en effet n'a pas dit : Tu es le Christ dans lequel se
1. Matth, xv1, 16.
78 SÉVÈRE D'ANTIOCIIE. [78] Keno Qouèr fans) :Kokens Liuls Din Dia: où JR os : pes SAS 4° rm Jos o.s0 phil Lunssos wo) NN] KA] où * fol. 109 où Lojamd Luuaso fsos a RS OÙ ps | à JLa.50,s 550 ua Ss &kso) .Lunaso usol/ a mot 001 Las) so! Îles uk) Is UAH) Joous Lo ouso au) Ji +° :losss Jon Jenras «> Ho SÙs 5 + HN) Lousc JI +29 : Ja tRuil 3010 Loos Ko JRuss yl Jyo5s où Luasas Jon ssh ES ra) KA O0 : Loos ra) 0 JlasNo Eius lasascs (ax 230 420 st No us Lisoy ouoi Ross 5%] asyllo 0 Less Lisa) 24 Jlaskuuksoo fasasd, Lo JL Lis RE Sas ps cus-3or 10 ON Aùso AR so Lunsdo Lisawo fes As ado :. Loiaw:s DO pD OI Lôt NS ts vor) Aobiuss Aus où 5-56) AK [voi | KdiQs) SOAÈNS.AS 5 Le? où ylo JU SS ba Lou No Lemo/s 4 Ses Ji :ùs Jo cooks] Jls <® pl aù .J;-s JL] La, Jaso,s Se K[ HT :0oaùxs Ksioo Ls; : 830 sos Le! Hiso RS so ubundos 15
trouve le Fils du Dieu vivant, de sorte que l’on comprenne un autre dans un autre, comme le veulent ceux qui le divisent. Mais il a confessé : Tu es le * fol. 109 Christ et le Fils du Dieu vivant, * en se servant du mot « tu es » dans son ©" sens général et ordinaire. Quant au nom du Christ, c’est celui qui convient à l’abnégation faite pour nous et il est humain. Il fut appelé Christ lorsqu'il fut ; devenu homme sans avoir éprouvé de changement, sans avoir éloigné de lui sa nature divine et sans qu'il eût besoin de le faire.
Il a été oint pour nous par l'huile mystique (?) comme le principe de notre race et le second Adam, et pour nous envoyer l'adoption de fils et la grâce qui s'opère par l'Esprit. Ces choses avaient élé prédites par le prophète Isaïe qui 1 dit pour leur temps" : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, à cause duquel il nr'a oint. » Il montre évidemment par ces paroles que le Christ a pris sur lui pour nous l'humilité et l’abaissement de l’abnégation, et le nom et l'œuvre.
Il dit en effet « l'Esprit », lequel est en moi par nature, parce qu'il est de même essence et divinité. Il est venu sur moi, comme s'il était venu de l'exté- 15 rieur et s’élait posé par les flots du Jourdain comme une colombe, non pas comme s’il n'était pas en moi, mais parce que «il m'a oint ». Pourquoi donc
l. Isaïc, LxI, 1.
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79) HOMÉLIE LYL. 79
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a-t-il voulu et accepté d’être oint? Si ce n'est pour nous qui étions privés de l'Esprit, à cause de ce décret ancien de Dieu qui avait dit" :'« Mon Esprit n’habitera pas dans ces hommes parce qu'ils sont chair. »
L'appellation de « fils du Dieu vivant » convient à Dieu, et au Verbe convient celle de « qui a été engendré avant les mondes divinement du Père ». Car s'il avait dit : Tu es le fils de Dieu, on comprendrait peut- être cette appellation d’une manière générale et non comme propre à lui et lui appartenant particulièrement. Elle est dite en effet d'Israël comme repré- sentant la personne de Dieu : « Mon fils premier-né, Israël*. » Mais il ajouta « vivant » pour montrer qu'elle est propre et spéciale, et non pas par- tagée. Lorsque saint Pierre l’eut considéré en pleine clarté, qu'il fut illuminé dans la vue de son esprit par la beauté si splendide de la divinité et qu'il eut reçu une vision non pas de la chair et du sang, mais une vision d'en haut’, il trouva qu'il était la vie de la Vie, du Père, et la vraie lumière de la vraie Lumière. Émerveillé et plein de l'Esprit, il s’écria' : « Tu es le Christ, ‘ le fils du Dieu vivant », qui s’est fait humble pour mot et qui est élevé à cause de la sublimité de la nature d’en haut; qui est un de deux sans confusion, à savoir de la divinité et de l’humanité, dans une seule per- sonne et une seule hypostase; tel il est et il est connu. Une doit être
1 Gen., Vi, 3. — 2. Ex., iv, 22. — 3. Cf Matth, xvI, 17, — 4. Matth, XVI, 16; voir ci-dessus, p. 7
* fol. 109 v°’ b.
* fol. 109 vo h.
80 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [80]
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confessée la nature du Verbe et de celui qui s'est incarné dans une chair de même essence que la nôtre, qui possède une âme douée de raison.
Cette belle confession orthodoxe qui se trouve naturellement dans la personne de la mère des églises orientales, je vois qu’elle brille aussi dans la physionomie de cette église comme dans une véritable fille. Et lorsque J'examine avec soin, je la trouve telle que dit lApôtre : « Il n'y aven elle ni souillure, ni ride, ni quoi que ce soit de semblable; mais elle est sainte et sans tache . » Elle n’est pas d’une beauté empruntée au fard dont on s’en- duit la figure comme font les prostituées, c’est-à-dire de l'imagination instable, athée et réveuse d’'Eutychès. Elle n’altère pas non plus sa beauté (ebroéreux) maternelle par l'obscurité du culte de l'homme nestorien, encore moins par la turpitude et l'horreur judaïque, je veux dire par la dualité des natures. C’est pourquoi elle est accourue avec Joie vers moi comme vers un père; elle est venue à ma rencontre, se portant en foule hors des portes de la ville, ayant confiance que je n'avais rien changé à la beauté famdiale. Aussi, montrant par ses œuvres une vertu digne de la foi, alors que je ne suis pas un prophète, mais un pécheur et un homme faible, ma-t-elle accueilli comme un prophète, s’attendant à recevoir le salaire du prophète,
l'AHnNes,, v, 27.
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[81] HOMÉLIE LVL. si
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à cause de Celui qui a promis sans mensonge ct a dit' : « Celui qui accueille un prophète au nom de prophète recevra le salaire du prophète. » Comme eeux qui autrefois saluaient Samuel en l'accucillant, elle aussi s'est écriée : Paix est ta venue, Ô voyant! C’est pourquoi nous aussi, en lui payant des paroles évangéliques selon le commandement de notre Sauveur, nous
disons : Paix à cette demeure! Et comme elle est la demeure de celui qui
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en est digne, que notre paix vienne sur elle particulièrement, et qu’elle reste stable, sans changer. Elle s'est mamfestée en vérité * parec qu'elle na recu, ! = | dl moi qui ne suis rien, comme un ange de Dieu, bien plus comme le Christ
iv même lorsqu'il était assis sur un ânon, et elle n’a pas méprisé ni repoussé, comme dit saint Paul en écrivant aux Galates*.
Le Christ aussi qui se tient à la porte, elle le nourrit alors qu'il est dans le besoin; elle le fait entrer sous le toit alors qu'il est étranger; lors- qu'il est nu, elle l'habille; lorsqu'il est opprimé par la maladie ou dans une
5 prison, elle le visite. C’est pourquoi nous disons encore : Que notre paix vienne sur elle par la grâce de Celui qui a dit” : « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix. » En l’entourant de cette paix comme d'un mur
LMAEURe, XNA — 2. Gal, IV, 14. — 3. Jenn, XIV, 27.
PATR. OR. — T. IV. G
82 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. HOMÉLIE LI. [82] Je Ns'/; Dames os Lo àaù 1,85 "10 Jia oc Jls :oen où RES Jo : Lisacms LO0ES Jhusus Aus 0) muads Lioksos oauso Jlass,s | Joal Jamo Jliisso :ioylo Ko 50} As : Loan © Jai Jlasss JLas Nas JLolo sr jap Ji JLassesors Jasoos, [soass yAsacw Jor.iso] Pins Lisoi] Laù &spss or lex 5367 5 Kl Bas os isoio :fauu, funcn Jias pelo Juge Juno pi Ds Les, JS bo bas Su pas Edo a LE Abo el JRbassl Lie oùs où JR) LOS) Lsood Lisas ÇA : JRcusorS 00) LS bruo lo
puissant, qu’il la garde de tout dommage; qu'il la sauve de la haine du Calomniateur: et qu'il montre qu’elle a été appelée par les faits mêmes Chalcis, c’est-à-dire d’airain; que cette appellation n’est pas mensongère parce qu'elle brille et resplendit. Qu'elle soit fortifiée et puissante par la pureté de la foi orthodoxe. Qu'elle rejette et repousse la rouille de la per- 5 versité hérétique. Lorsque je lui dirai ce que Dieu à dit autrefois au prophète Jérémie! : « Voici que je t'ai établie aujourd'hui comme une ville forte et comme un mur puissant d’airain », que tout le peuple réponde : Amen, amen! Et qu’en échange ce peuple me donne à son tour, comme viatique, ses prières sacerdotales. Qu'il fasse monter la gloire au dispensateur de tous les biens, mw auquel appartiennent la gloire et le pouvoir pour toujours. Amen!
1. Jérémie, 1, 18. — 2. Cf. Ép. de S. Jude, 25, et la fin de l'homélie LV.
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HOMÉLIE LVII
AU SUJET DE CE QU'IL FUT RETENU PAR LES FIDÈLES DE KINNESRIN POUR LA COM- MÉMORATION DU SAINT MARTYR SERGIUS,; ET AU SUJET DE CE MARTYR ET DE
BACCHUS QUI EN MÈME TEMPS QUE LUI TRIOMPIA DANS LE COMBAT.
Ceux qui font aux étrangers un accueil affectueux et amical, réunissant tout ce qu’il y a de plus beau et de meilleur en aliments et en mets, prennent occasion d’un repas et d’un festin pour recevoir ceux qui sont venus chez eux. Aiusi agit Abraham lorsqu'il accueillit les trois anges, ou plutôt" Dieu? _ L lui-même qui apparut sous la forme d'anges et sous l'apparence d'hommes, et qui en figure et en symbole faisait connaître une seule essence ct divinité en trois personnes. C’est ce que montre le Livre sacerdotal en disant”
« Dieu lui apparut près du chène de Mamré », et il ajoute ensuite” : « Avant levé les yeux, il vit et voici que trois hommes se tenaient devant lui » Il courut vers eux trois en parlant aux trois comme à un seul : « Les voyant, dit le Livre, il courut à leur rencontre en sortant par la porte de sa tente:
1. Gen., XVIII, 1. — 2. Zbid., XVII, 2.
1 10
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SA SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [84]
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il s’inclina à terre et dit : Seigneur, si certes j'ai trouvé grâce devant toi, ne passe pas devant ton serviteur. » Aussitôt, après avoir changé la forme du discours, il adressait de nouveau la parole aux trois en disant : « Qu'on prenne de l’eau et qu’on lave vos pieds. » En allant à la rencontre, il adressait évidemment ces paroles à Dieu, le Seigneur de tous, et il recevait de Dieu les réponses. Mais ce qui m'a engagé à prendre la parole, c'est que cet ami des étrangers ordonnait avec empressement à Sara de préparer le pain. tandis que lui-même, comme c'était son souci, se hâtait vers le bétail sans donner d'ordres à un autre, alors qu'il avait trois cent dix-huit esclaves nés à la maison! et d’autres achetés pour de l'argent. Ayant choisi un veau tendre et excellent, il le remit à un serviteur et lui ordonna de le préparer vivement pour le repas. |
Vous aussi, vous avez agi comme Abraham, en accueillant la venue de ma vile personne et en réunissant de toute part des mets spirituels qui puis- sent. nourrir l'âme d’une manière intelligente. Vous avez préparé la table abondante par des services de psaumes, par des prières, par une assiduité constante à l'église, par une communion à la table mystique. Enfin, nous
1. Cf. Genèse. XIV. 14.
15
[85] HOMÉLIE LVIL. 85
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retenant, vous n avez nullement permis que nous retournions à notre demeure avant de prendre part à ce festin joyeux, de nous réjouir avec vous et de célébrer en même temps que vous la commémoration des combats de Sergius ‘le martyr. Comment donc répondrai-je à cette imvilation au festin si solennel et à la fête de ce saint si admirable? Est-ce en restant silencieux, sans que
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japporte à ceux qui m'ont invité quelques paroles qui complètent la fête
et y ajoutent de l'éclat et de la solennité, afin de ne pas ressembler aux convives gourmands, bien plus à ces parasites ignobles qui s’attachent aux tables et n'ont d'autre préoccupation que de remplir leur ventre au delà de la satiété? Jamais ceux-là n’élèvent leur regard vers les cieux ni ne louent Celui qui a donné pour le maintien de notre existence ces aliments utiles et conve- nables avec une si grande variété et diversité. Peut-être aussi, si je voulais me taire, cette splendeur des combats du martyr ne me le permettrait pas. Celui qui est rappelé de nouveau par le souvenir à l’époque de son mar- byre, il me semble le voir se tenir devant le tyran Maximien avec Bacchus qui avait le même service et l’égala dans le combat. Le tyran érige en loi tout des- sein contre la religion (eè5#e:2). quoique la loi doive étre établie légalement (7° J'ai dit : « avec Bacchus », parce que nous ne devons pas dans le discours sé-
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86 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [86]
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parer l’un de l’autre ceux que la couronne du martyre a réunis ensemble. Ils étaient semblables par la taille, par la physionomie, par la grandeur. Ils étaient jeunes de corps, encore plus jeunes d'esprit. Ils servaient et étaient comptés au rang des guerriers qui entouralent le roi. Ils occupaient la pre- mière place et avaient le grade de commandant, Sergius en tête et Bacchus en second; tous deux étaient d'accord dans un même esprit de piété (edcé6euæ). Ils étaient dits chrétiens, et ils l’étaient. Ils soutinrent le même combat pour la vérité.
Certains individus écrivirent contre eux au roi en les accusant et en les in- culpant, comme de fautes affreuses, de ne faire ni sacrifices ni libations aux démons. Ils enflammèrent la colère de celui-ci qui y était enclin, en disant d'eux : C’est grâce à son amitié qu'ils en sont venus à une pareille licence. Au commencement le roi n’en croyait rien; ensuite “il les conduisit au temple de Zeus, le dieu impur et au nom mensonger. Il mangea avec ses ministres des sacrifices souillés ct il essaya d’exciter aussi ces vaillants à cette nourriture souillée. Il les entendait dire qu'ou ne doit pas sacrifier à des idoles inami- mées et aux images des démons méchants « qui ont une bouche ct ne parle-
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[87] HOMÉLIE LVIL. s7
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ront pas, qui n'entendront pas de leurs orcilles », et autres choses semblables par lesquelles le Prophète des Psaumes' se moqua de leur insensibilité et de leur immobilité. Enflammé et bouillonnant d'un mouvement de colère et d'or- gucil, il ordonna de couper leur ceinture et d'enlever de leur cou l’ornement d'or qu'il est d'usage d’attacher aux gucrriers qui approchent les rois. Ts de- vaient être conduits dans le marché habillés de tuniques de femmes. Mais à cet égard ils savaient s'opposer à lui en disant par leurs actes mêmes, ces con- fesseurs invincibles de toute part, qui avaient appris à ruser avec le fourhe, comme dit David *, et à faire tourner au mieux les stratagèmes du Cilomnia- teur et de ses instruments : « O toi qui luttes avec Dicu, penses-tu par une forme féminine énerver nos vaillantes âmes? Tu peux faire revêtir de force aux corps un vêtement de femme, mais tu n'habilleras pas de lâcheté notre esprit sain et ferme. Nous te montrerons par les faits que nous tenons pour véridique le précepte et le commandement que Dieu à prononcé par lintermé- diaire de Moïse* : « Qu’un homme ne revêtisse pas un vêtement de femme. » Si en eflet le sexe féminin n’est pas un empéchement pour la plupart des femmes de sortir avee un esprit mâle vers les combats pour la religion (25525141 et de ceindre la couronne de la victoire remportée sur le Calommiateur,
1. Ps. CXXXIV, 16-17. — 2, Cf. Ps. xvu1, 27, Septante. — 3. Deul. XXII, 5.
88 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. 188
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comment cette tunique nous changerait-elle, 6 être ridicule? Ne vois-tu pas
qu'elle se détache de notre corps qui s’avance vigoureusement et quelle ne
veut pas y adhérer? Et lui, il la repousse complètement comme ne lui étant
pas familière. Mais nous sommes tout à fait loin d’en être endommagés, nous
qui nous élevons vers une pensée sublime, et qui tout à coup en un instant fol. 111“ imitons très bien notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. De même que, " “lorsqu'il fut couronné d’épines par les Juifs athées qui se moquaient de lui, celui-ci annonça au préalable, comme par un symbole, le mystère profond et caché, par lequel il prit sur sa tète, à l’instar d’un agneau, le péché du monde, et effaça complètement ce péché qui avait fait pousser pour nous des épines et des ronces, ainsi nous aussi, par un patient courage dans le combat du martyre, nous émousserons et nous mépriserons la mollesse et la peur dans ees tuniques de femmes. Car le Christ exercera maintenant encore la puissance de Dieu le Père par de semblables phénomènes particuliers. »
Pendant que ces athlètes méditaient ct disaient ces paroles et d'autres du même genre, et qu'ils étaient conduits au milieu de la ville, le tyran les appe- lant subitement près de lui, se mit à les ramener de leur erreur, comme sils s'étaient trompés, à rire et à se moquer du grand mystère de la religion. Il
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[89] HOMÉLIE LV. 89
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dit : « Quel besoin avez-vous, à insensés, d'adorer ce fils du charpentier qui naquit d’une vierge souillée par la fornication avant le festin légal (nuptial) ? Lui que les Juifs, parce qu'il transgressait la loi et excitait des troubles dans leur peuple, condamnèrent au supplice de la croix. »
À ces mots, les saints, aiguisant par les prières leur langue qui parlait d'une manière divine, dirent : « Ce n'est pas comme vos dieux ridicules qui élaient des hommes misérables et débauchés, sortis d'unions illégales et de l’adultère, que naquit le Christ. Mais, parce qu'il est Dieu, il est véritablement le fils du charpentier; il est de Dieu le Père par son Verbe et sa Sagesse, il est la vie en personne, et il a été engendré de lui avant les mondes sans corps et sans passibilité. Il nous a fabriqués" pour le ciel et la terre. Toute créa- ture supérieure du ciel sous forme d’anges, alors qu'elle n'existait pas, il lui à donné l'être. Il a voulu devenir homme sans changer (de nature) et volontaire- ment à cause de nous qui étions perdus (par le péché). [a été engendré par le Saint-Esprit sans passibilité et sans peccabilité d'une mére vierge. En subis- sant * dans la chair et volontairement la mort sur la croix, il a fait connaitre qu'il avait subi cette mort non pour lui mais pour nous-mêmes, alors qu'il est
1. Il semble y avoir ici un jeu de mots entre téxtwy « charpentier » el tTextaivw « fabriquer, créer», que le traducteur syriaque a cherché à rendre.
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90 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. 1901
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ressuscité d’entre les morts le troisième jour. Il a délié les liens de l'enfer, et la preuve résulte de ce fait que beaucoup de corps de saints qui étaient enter- rés se levèrent et s’empressèrent de se rendre à la ville sainte. »
À ces paroles, le tyran demeura comme muet et sans voix, et par cette théologie il fut en quelque sorte pris de vertige et frappé de paralysie. Il ne savait que faire, mais il était vaincu par leur courage. Il ordonna que ceux-ci fussent conduits vers une contrée de la Mésopotamie que les habi- tants de l’endroit appellent Euphratésie, et qu'ils fussent livrés à Antiochus qui était le chef des troupes servant dans ce pays et qui avait été appelé par elles à prendre le commandement. Ce roi impie pensait que cet ordre tour- nerait à leur honte et à leur mépris. Antiochus, se conformant à l’ordre reçu autant que possible et comme il le fallait, les interrogeait et examinait leur conduite au moyen de questions et d'épreuves. Lorsqu'il vit qu'ils étaient inflexibles, il donna l'ordre de mettre aussitôt en prison le divin Sergius. Quant au bienheureux Bacchus, il ordonna de le frapper sur le ventre avec des nerfs de bœuf et de lui appliquer ensuite les mêmes coups sur le dos. Après avoir supporté ces coups nombreux, et pour ainsi dire innombrables. sans faiblir dans son esprit et sans que sa langue laissât échapper une parole faible et lâche, le martyr confia son âme couronnée au Christ, l'auteur du
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combat, tandis que son corps était jeté dans le désert. Ce corps fut gardé miraeuleusement par les bôtes féroces sans subir de dommage jusqu à ce que quelques-uns de eeux qui ont l'habitude de pratiquer la miséricorde divine et quelques Frères chastes l'eussent enveloppé dans un linceul et l'eussent livré à la tombe.
Mais Sergius fut amené à des luttes plus sublimes, lorsque Bacchus lui apparut pendant la nuit, l'appelant aux demeures des bienheureux et lui cruel
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inspirant un courage inexprimable et de la joie. Ce juge dur ct très imagina pour lui un genre de supplice amer et diflieile à supporter. Hit pré- parer des souliers cloués avec des clous pointus dans lesquels il ordonna de mettre ses pieds et de le faire courir devant son char, pendant qu'il le chassait d’un fort vers un autre fort voisin qui était éloigné de neuf milles. Sergius faisait cela avec allégresse en disant suivant les instructions de PA- pôtre : « Je chausserai et je licrai mes pieds dans la préparation de l'Évan- gile de paix'. C’est beaucoup pour moi de ressembler aux pieds du Christ notre Sauveur qui furent transpercés à cause de moi. Je gémis encore à cause du manque de ressemblance des clous, parce que mes mains aussi n'ont pas été clouées comme le furent les siennes. » Après s'être fortifié par ces paroles
1. Cf. Éphés., vi, 15.
*fol. 111 4
* fol. 111 ve
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92 SÉVÈRE D'ANTIOCHE. [92]
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de piété sur lesquelles il s'appuyait avec confiance et fortement comme sur un bâton, ce martyr s’avança et accomplit sa course dans la voie qui lui avait été tracée de cette manière. Dans la nuit, la plante de ses pieds qui avait été lésée à ce point par les piqûres des clous, nombreuses et d'autant plus douloureuses qu'elles étaient étroites et aiguës, fut guérie par la grâce de Dieu.
Cependant ce chef qui avait moins de pitié et de compassion qu'une bête féroce, alors qu’il aurait dû être converti par ce miracle, augmenta sa sottise. Il ordonna que le voyageur vertueux et diligent courût avec les mêmes chaussures, de la même manière, la même étendue de chemin. Celui-là avait parlé. Celui-ci n’hésita nullement; il s’empressa d’obéir en disant : « de courrai maintenant encore comme devant l'autel du Christ. Non pas « l'illé- galité' », suivant la parole du Psalmiste, mais la justice de mon talon m'en- tourera. J'aurais été lâche, si j'avais pensé que je marchais sur la terre et non pas dans la voie qui conduit au ciel. »
Après avoir terminé sa course, comme saint Paul, et gardé sa foi, il eut la tête tranchée. Telle fut la fin de ses combats. Dans un endroit appelé dans
1. Ps. XLVII, 6, Seplante.
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la langue du pays Reçäpha il déposa la poussière vénérée de son corps qui opère des milliers de prodiges et de cures; il sanctifia toute la route qui y conduit par le sang qui coula * de ses talons, et il aveugla par les gouttes de ce sang l'œil impudique du serpent qui épie notre talon et dont la tête est épiée". Nous donc, lorsque le démon sème dans nos cœurs des pensées perverses, nous devons épier les commencements à l’instar de la tête. Lui, de son côté, il épie les talons, c'est-à-dire la marche de nos pensées qui lui sont in- connues, au moyen des paroles ou des œuvres externes, afin que de cette manière il nous pousse par l’amour du plaisir dans la fosse du péché et nous fasse périr amèrement. C’est pourquoi les habitants” du pays, fuyant avec énergie et vaillance la servitude du démon, sans être nullement lésés par celui qui épie le talon, se rendent vers le monument du martyrium vénéré el honoré de Sergius et prennent sur eux le joug de la connaissance de Dieu qui se trouve dans le Christ.
Vous voyez quels sont les mets du festin pour lequel vous m'avez retenu, vous d’une amitié si riche. Montrez done ce festin d'une manière complète. Accordez-moi vos prières, en demandant au Christ le Dieu tout-puissant qu'il
1. Cf. Genèse, 111, 15, Seplante. — 2. Il faut sans doute lire fau®1s au lieu de LS.
* fol. 111 v° b.
9% SÉVÈRE D’ANTIOCIIE. HOMÉLIE LVII. | Le: 0 mana; La JRiyso Labs où :0ù Ras Dani oo La) XD 0 KH-50 Lao .Jas,o Lmoio L_=) >= bpmolo JR na
me favorise d'un retour bon et qui lui plaise vers la ville d'Antioche. A lu appartiennent la gloire et le pouvoir avec le